30/04/2026
Plusieurs personnes m’ont demandé pourquoi j’ai choisi d’écrire Becoming Gaby en anglais plutôt qu’en français. Et je comprends très bien la question — particulièrement ici, au Québec, où la langue est un sujet sensible, identitaire et profondément émotif. ❤️
La vraie réponse est plus personnelle que linguistique.
Après une vie extrêmement active à enseigner sur quatre continents, à donner des formations, former des intervenants, diriger une maison d'édition, écrire des livres et créer des outils, je réalise qu’à la retraite, je n’ai plus l’énergie de courir les avions comme avant ou de diriger des équipes.
Mais une chose n’a pas changé : mon désir de continuer à grandir, à apprendre, et à créer et partager des outils qui peuvent aider, soutenir et transformer.
La théorie qui m’inspire probablement le plus depuis des années est celle du Flow, développée par Mihaly Csikszentmihalyi. J’en parle dans plusieurs de mes formations… mais surtout, j’essaie de l’appliquer dans ma propre vie.
L’idée est simple : pour continuer à évoluer, il faut accepter de sortir de sa zone de confort... et de vivre un peu d'anxiété à l'occasion.
Quand nos compétences sont élevées mais que les défis deviennent trop petits, on finit par tourner un peu en rond. On cesse d’apprendre, de se dépasser, de grandir. Et au fond, la règle est assez simple : « use it or lose it »… ou, comme on dit ici, « grouille ou rouille ». 😉
À l’inverse, quand les défis augmentent, ils nous obligent à développer de nouvelles compétences. C’est souvent là que se trouvent l’apprentissage, l’énergie… et cette fameuse sensation d’être pleinement vivant.
Plusieurs, lorsqu’ils se retrouvent dans la zone de l’anxiété — défi élevé, compétences insuffisantes — préfèrent diminuer le défi pour retrouver rapidement une sensation de sécurité. Pourtant, la véritable croissance vient de garder le défi… et augmenter progressivement nos compétences. Accepter l’inconfort temporaire, le doute, la sensation de ne pas être à la hauteur… jusqu’à ce que nos capacités finissent par rejoindre le défi.
Après une maîtrise, un doctorat, plus de vingt livres, une quinzaine de carnets de croissance et des années d’écriture professionnelle en français, écrire un autre livre dans ma langue maternelle aurait probablement représenté un défi modéré pour moi.
Mais écrire un roman… en anglais?
Dans un genre complètement différent?
Pour un marché entièrement nouveau?
Là, le niveau de défi montait soudainement à 9 ou 10 (ou 12!) sur 10. 😅
C’est exactement pour cette raison que j'ai choisi de le faire.
Depuis les premières lignes de Becoming Gaby, j’ai réalisé à quel point ce projet m’a obligée à apprendre, à me former, à développer de nouvelles compétences et à redevenir une véritable débutante.
J’espère sincèrement pouvoir offrir une version française éventuellement.
Mais d’ici là… peut-être que certains auront envie, eux aussi, d’un petit défi “Flow” en lisant quelques pages en anglais. 😉
Parce qu’au fond, grandir commence souvent exactement là où notre confort se termine.