04/02/2026
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"Certaines blessures ne demandent pas le pardon d’abord, mais la reconnaissance claire du préjudice.
On parle beaucoup de pardon, mais on parle très peu de reconnaissance. Pourtant, sans reconnaissance réelle du préjudice, le pardon devient une injonction vide, parfois même une violence supplémentaire.
Lorsque quelqu’un a été blessé profondément, son système intérieur ne cherche pas d’abord à “lâcher prise”. Il cherche à comprendre ce qui a été franchi, ce qui a été détruit, ce qui n’aurait jamais dû arriver. Tant que cette étape n’est pas faite, demander le pardon revient à demander à la blessure de se taire.
La reconnaissance du préjudice n’est pas une accusation permanente, ni une fixation sur le passé. C’est un acte de clarté. Nommer ce qui a été perdu, ce qui a été abîmé, ce qui a été nié, permet à la mémoire de cesser de lutter pour être entendue.
Beaucoup de personnes n’arrivent pas à pardonner parce que, intérieurement, quelque chose dit encore : « ce que j’ai vécu n’a jamais été pris au sérieux ». Tant que cette voix est ignorée, elle se durcit. Ce n’est pas de la rancune, c’est une demande de justice intérieure.
Reconnaître le préjudice, c’est accepter que certaines blessures aient changé une trajectoire de vie, une confiance, une relation au monde. Ce n’est qu’à partir de cette lucidité que le pardon peut devenir un choix libre, et non une obligation morale.
Le pardon n’est pas le point de départ de la guérison. Il en est souvent la conséquence. Là où la vérité a été regardée sans minimisation, la mémoire peut enfin se réorganiser. Et seulement alors, quelque chose peut se relâcher.
Forcer le pardon sans reconnaissance, c’est demander à l’âme de se renier.
La guérison, elle, commence toujours par la vérité."
(KABEYA - Institut de la Mémoire)
Prenez grand soin de vous 💪 💝