11/12/2025
Le charmant bulletin.
L’arrivée du bulletin
Voir des solutions et des moyens tout en ayant des défis réalistes
Pour les parents vivant avec des enfants en difficulté, je peux vous affirmer que la période des évaluations et du bulletin ne devient pas un moment magique. La culpabilité revient les hanter, ils ne savent quoi faire et comment réagir pour leur venir en aide. Ce dernier vit des échecs à répétition ou obtient seulement la note de passage malgré tous ses efforts et l’encadrement parental. Les commentaires que j’ai entendus régulièrement : « La professeure va me répéter ce que les autres m’ont dit ou on va me dire encore une fois qu’il va y arriver. Hormis que cette remarque a été répétée pendant déjà cinq ans et rien n’avance. On me donne peu de moyens pour aider mon enfant, on me dit que j’en fais trop pour lui, il doit devenir autonome. » Encore une fois, ce sont les perceptions des parents et leur consternation qu’ils expriment. De mon côté, ce qui me préoccupe le plus, leur découragement et leur désespoir parce qu’ils sont dépourvus devant la situation. Heureusement, j’ai aussi entendu que le personnel enseignant donnait un bon service à leur bambin et qu’il avait progressé sauf que les difficultés demeurent.
Lors du bulletin, vous pouvez profiter de ce moment pour dresser un bilan et non un procès contre votre enfant. L’analyse de ses travaux et examens est aussi une manière de lui montrer les progrès et les défis qui lui restent à relever. Les bons coups doivent aussi se souligner pas seulement les manques et les lacunes. Les évaluations à la fin de chaque étape sont comme une photo de l’étudiant que nous prenons à ce moment, d'où les nuances dans les commentaires. J’invite les parents à poser des questions, à demander de l’aide et des moyens pour soutenir l'étude de l'enfant dans la matière problématique. Il existe des façons plus efficaces que d’autres pour mémoriser les mots de vocabulaire de la semaine. Je suggère aux professeurs de vérifier le déroulement de la période d’étude afin de fournir des manières plus rentables ou des façons d’organiser la répartition des travaux écrits et l’étude.
Des récompenses et des cadeaux afin de stimuler les écoliers sont-ils une bonne solution ? Je suggère la motivation intrinsèque avant tout, et non le bonbon impossible à atteindre. Vous pouvez offrir une surprise à votre enfant lors de la remise du bulletin ou dans une autre circonstance comme un travail bien exécuté. Une récompense peut s’offrir selon différentes situations, à des moments imprévus et laisse un doux souvenir.
Un exemple d'une récompense à éviter parce que, dans cette situation, j’ai vu dans les yeux de cette fillette une tristesse profonde. Avec un certain plaisir, elle me raconte que ses parents et son grand-père vont l’aider à augmenter ses notes dans toutes les matières. J’avais hâte de connaître cette tactique parce que cette élève avait de grandes difficultés en lecture et en écriture. En plus, l’encadrement à la maison pour les devoirs et leçons n’était pas toujours régulier avec peu de constance. Voici sa réponse: « Ils vont me donner 10$ si j’ai dans les 60%, 50$ dans les 70%, 75$ si j’ai dans les 80% et 100$ si j’ai dans les 90%. » Elle visait naturellement le 90% pour accumuler le plus de 100$ possible. À la fin de l’étape, les résultats n’arrivaient pas à la hauteur de ce que les membres de sa famille avaient espéré. Le défi de cette élève n’était pas du tout à sa hauteur, parce que pour modifier des résultats, elle devait développer une méthode de travail. La peine de cette élève fut très grande, elle était inconsolable parce qu’elle n’avait pas réussi à ramasser beaucoup de sous. En plus, cette motivation pécuniaire se répéta plusieurs fois dans ma carrière.
De proposer des récompenses aux apprenants pour encourager leurs efforts, leurs réussites, les changements et les atteintes de leurs défis à se dépasser en se comparant à eux-mêmes est tout à fait juste. Le but doit demeurer réaliste avant tout, de ne pas cibler toutes les matières en même temps (une ou deux), de comparer l’élève à lui-même et non pas à des pourcentages, mais avec des moyens et des stratégies efficaces.
Autre exemple, si tu augmentes de quinze points ta moyenne générale, tu auras ton nouveau vélo. L’objectif de quinze points pour un enfant doué, sans problème, s’il n’a pas donné son plein rendement s'avère réaliste. En même temps, est-ce que nous développons la motivation intrinsèque ? Je travaille pour être fier de réussir et d’avoir fait de son mieux ou pour la carotte.
Un garçon de douze ans avait compris l’enjeu pour recevoir des récompenses, à la première étape ses résultats étaient sous la moyenne, pourtant il avait bien terminé l’année précédente. Les parents me demandaient de découvrir les causes et les notions qu’il n’avait pas assimilées. Je cherchais les raisons, les causes de cette baisse de résultats. Au début de l’année scolaire, il y avait une période de révision pour la première étape et il maîtrisait très bien les notions au programme. Oui, ce jeune garçon avait compris ce qu’il devait faire pour qu'on lui donne un nouveau cadeau pour la deuxième étape. Ses résultats augmentaient d’étape en étape et il avait terminé son année avec d’excellents résultats malgré son trouble d’apprentissage. Je dois vous mentionner que j’ai découvert le pot aux roses assez rapidement et j’ai entamé une discussion avec l’enfant et les parents pour ajuster les récompenses.
Voici quelques exemples positifs de récompenses que vous pouvez offrir à votre enfant. Pour commencer, le défi doit être réaliste en fonction de gestes concrets (observable et mesurable) et non, de notes chiffrées. Un élève du secondaire arrive avec son bulletin et il est découragé parce qu’il n’a pas réussi son défi. Il devait s’améliorer en utilisant ses moyens en lecture, en surlignant les données importantes en tenant compte du genre de textes. La collaboration des parents était excellente, alors si leur fils appliquait la démarche de compréhension vue en orthopédagogie, il aurait la permission de jouer plus longtemps à ses jeux électroniques, la fin de semaine. En plus, en utilisant sa démarche, les résultats seraient aussi à la hausse 73% parce qu’il avait obtenu 62% à l’étape précédente. Un gain de onze points ce qui n’est pas négligeable sauf qu’il n’était pas heureux. Nous n’avions pas fixé un résultat chiffré sauf que l’adolescent en avait écrit un dans sa tête soit un peu plus de 80%.
Un autre élève du secondaire qui était très déçu de ses résultats en lecture. La troisième étape est parfois exigeante et les moyennes sont à la baisse et non à la hausse. En plus, il m’avait apporté les compréhensions de textes réalisées lors de l’étape et ses résultats étaient de 68% et 72%. L’augmentation était de 5% en lecture en comparant avec l’étape précédente et il me précisait avoir utilisé tous les moyens. Effectivement, il avait pris le temps de bien analyser son texte sauf que je lui montre la moyenne du groupe de la première et deuxième étape, cet élève avait augmenté de 5% ses résultats sauf que la moyenne avait diminué de 15%. Donc, son 5% représentait près de plus de 20% parce qu’il avait augmenté ses notes et la moyenne du groupe avait baissé de façon assez drastique. Les compréhensions de texte avaient été d'un haut niveau parce qu’elles contenaient des questions de justifications. La façon d’analyser des résultats sur un bulletin doit aller plus loin que les pourcentages. Oui, l’élève avait un large sourire et la tête bien haute à la sortie du bureau. Tout dépend de la façon de percevoir et de comparer les résultats.
Les récompenses peuvent devenir des moments particuliers avec notre enfant comme aller voir un film en famille et c’est lui qui devra le choisir. Une sortie spéciale juste avec lui pour le récompenser de ses efforts. Vous pouvez aussi identifier certains privilèges que vous avez choisis avec lui pour le récompenser comme lui acheter une nouvelle paire de bottes plus spéciales. Les cadeaux peuvent être un besoin du moment comme des patins, sauf que vous lui permettez d’en choisir une paire plus dispendieuse que prévu. Le choix des présents doit aussi être réaliste et en fonction de l’âge de l’apprenant. Certains parents vont choisir de faire une soirée de jeux de société avec des collations spéciales. Il ne s’agit pas toujours de sorties dispendieuses ou des récompenses onéreuses. Une histoire drôle qui m'a offert une leçon et qui représente bien que les besoins des écoliers sont différents de nos attentes d’adultes.
La morale du récit suivant : à la fin de l’année, une amie demande à sa fille: « Qu’est-ce que tu désires pour fêter ta fin d’année ? » Elle s’attendait à la réponse suivante soit un nouveau vélo ou une trottinette. Non, sa fille avait seulement demandé de se rendre à la plage et elle réclamait de manger une poutine pour dîner. Une belle leçon à tirer de cette histoire d’une fillette de huit ans qui désirait du temps avec ses parents.
Extrait : Je suis en détresse scolaire. Mécanismes de protection et de défense contre les échecs scolaires
Autrice : Francine Cloutier
Éditions Crescendo