02/16/2026
🔵 Merci énormément, M. Cliche-Rivard, de faire connaître et de soutenir la cause de l'accès aux pompes à insuline pour toute personne qui en a besoin, afin que cesse l'absurde discrimination selon l'âge qui perdure injustement dans les critères déterminant l'éligibilité au Programme québécois d'accès aux pompes à insuline. C'est une question de justice sociale, d'équité et de dignité humaine! ✊🔵
TÉMOIGNAGE 5 – UN ACCÈS ÉGAL AUX PROGRAMMES DE SANTÉ SELON L’ÂGE? OUBLIEZ ÇA!
Aujourd’hui, pour le 5e témoignage que je voulais vous présenter, je vous raconte le combat épique de Martin Paré et de sa coalition qui se battent depuis plus de 25 ans pour élargir l’accès au financement pour les pompes à insuline et le matériel connexe pour tout diabétique de type 1 et LADA.
Martin, en couple, résident de Trois-Rivières, a présentement 51 ans, il est chauffeur de taxi. Depuis longtemps, il vit avec un diabète de type 1. Quand cette maladie n’est pas contrôlée, les complications peuvent être très graves : problèmes rénaux, aux yeux, des risques d’amputation et plus encore selon la gravité de la maladie. En crise d’hypoglycémie, par ailleurs, Martin m’explique qu’au moment du réveil le matin, sans contrôle approprié, certaines personnes vivant avec un diabète de type 1 n’arrivent tout simplement pas à se réveiller, comme si leur cerveau était déconnecté, et ils tombent alors dans un coma diabétique et peuvent en mourir. C’est très grave.
Heureusement, depuis plusieurs années, les progrès scientifiques sont nombreux et la pompe à insuline est venue révolutionner la vie des personnes atteintes de cette condition. Essentiellement, la pompe contrôle la glycémie en temps réel, en injectant l’insuline requise 24h sur 24. En fait, la pompe est venue changer la vie de ceux et celles qui peuvent se la procurer, parce que le Gouvernement du Québec a décidé d’en couvrir les frais seulement pour ceux qui avaient moins de 18 ans avant l’entrée en vigueur du programme en 2011, ainsi qu’à ceux et celles qui se sont inscrits au programme avant leurs 18 ans, ce qui discrimine des milliers de Québécoises et Québécois.
Étrange n’est-ce pas? Fait encore plus étrange : le Québec est la seule province canadienne et serait la seule juridiction du G7 à exclure des gens sur la base de l’âge pour ce remboursement. Pire, depuis 2022, l’INESSS recommande l’accès pour tous à la pompe et au programme gouvernemental, sans égard à l’âge de la personne, parce que les bienfaits de la pompe sont manifestes.
La pompe coûte environ 7500$ et doit être changée aux 5 ans (1500$ par année). Les fournitures nécessaires à son bon fonctionnement, quant à elles, coûtent en moyenne environ 400$ par mois. On parle donc de frais pouvant toucher les 525$ et plus par mois, et donc près de 6 500$ par année, pas par choix, mais bien pour gérer la maladie. Martin me partage, par ailleurs, qu’il a dû prendre un prêt pour payer sa dernière pompe neuve. Vous imaginez, vous endetter pour survivre?
Évidemment, plusieurs Québécois et Québécoises n’ont pas les 6 500$ annuels nécessaires pour se procurer cet équipement, ce qui met leur vie en danger. Certains peuvent compter sur leur assurance collective pour couvrir le tout, mais plusieurs sont laissés pour compte, malheureusement. Contrer cette injustice, c’est le combat de Martin et de la Coalition pour la fin de la discrimination selon l'âge en matière d’accès pour des pompes à l’insuline au Québec, notamment.
Martin m’explique que, sans sa pompe, la charge mentale associée à la maladie est très prenante et finit par accaparer une importante part de la journée. Facilement, on parle de 15 à 20 injections par jour, et pour certains, la maladie est hyper résistante et le contrôle de la glycémie devient un combat de tous les instants. Sans la pompe à insuline, Martin m’a confié qu’il passait proche de mourir de 5 à 6 fois par année, en ne se réveillant pas le matin. Martin compare sa pompe à un pacemaker, ça lui sauve la vie.
En commission parlementaire, l’ex-ministre de la Santé Christian Dubé a reconnu les bénéfices de la pompe, mais rien n’a été fait. Quand on considère que 70% des diabétiques de type 1 reçoivent le diagnostic après leurs 18 ans, c’est particulièrement troublant d’apprendre qu’ils n’auront pas droit au programme. Comment expliquer qu’en 2026, on accepte de discriminer comme ça et qu’on refuse de rembourser les pompes à insuline à des milliers de Québécois alors que l’INESSS y reconnaît ses bienfaits?
Martin et son regroupement y voient là manifestement une discrimination basée sur l’âge et ils évoquent des possibles recours judiciaires, évidemment. Des discussions sont également en cours avec le Protecteur du Citoyen, on les comprend, mais au final, l’issue est politique.
Comment accepter une telle discrimination au Québec? Comment accepter qu’on refuse de rembourser le matériel nécessaire à ceux qui avaient déjà 18 ans en 2011? Tant p*s pour eux? Comment accepter que des milliers de personnes voient leur quotidien être hypothéqué par cette décision politique? C’est inacceptable!
Je remercie Martin, sa Coalition, et tous ceux et celles qui œuvrent tous les jours pour davantage de justice. Québec solidaire sera toujours à vos côtés.