02/25/2022
La maltraitance est beaucoup plus insidieuse qu’il n’y apparaît. Plusieurs aînés peuvent ainsi en subir sans même s’en rendre compte. Pourtant, qu’il soit intentionnel ou non, qu’il ne soit fait qu’une seule fois ou à plusieurs reprises, un geste ou une absence d’action peut représenter de la maltraitance. Cette dernière n’est pas nécessairement visible, car elle n’est pas que physique. Il y a, en effet, 7 types de maltraitance possibles chez les aînés : psychologique, physique, sexuelle, matérielle ou financière, organisationnelle, l’âgisme et la violation des droits.
Même si plusieurs aînés sont conscients d’en vivre, certains l’acceptent avec résignation de peur de se retrouver complètement seul, car ce sont des gens en qui ils ont confiance et sur qui ils peuvent s’appuyer qui les maltraitent. Si vous avez des doutes à ce sujet, il est donc important de consulter afin de vous assurer non seulement que vos droits sont respectés, mais surtout de vivre dans un climat favorable à votre épanouissement où vos besoins sont répondus.
Lorsqu’il y a maltraitance psychologique, on peut remarquer du chantage affectif, de la manipulation, de l’humiliation, des insultes, du dénigrement, voire même des menaces. Mais c’est aussi priver une personne de ses pouvoirs, la surveiller à outrance, la rejeter, l’isoler socialement ou même se montrer indifférent à son égard.
La maltraitance physique est plus visible lorsque l’on parle de bousculade ou de coups. Par contre, c’est aussi administrer de façon inadéquate des médicaments, utiliser des contentions de manière inappropriée, priver une personne de confort ou de sécurité et même refuser de lui prêter assistance pour l’aider à manger, à s’habiller ou à se laver si elle n’est pas en mesure de le faire seule.
De son côté, la maltraitance sexuelle n’est pas seulement d’avoir des comportements sexuels inappropriés envers une personne, c’est aussi la priver d’intimité, obliger une promiscuité, faire des blagues ou des insultes de nature sexuelle. C’est aussi de refuser de reconnaître son orientation sexuelle ou son identité de genre.
Évidemment, au niveau de la maltraitance matérielle, il y a l’utilisation frauduleuse de son identité ou de documents légaux. C’est aussi ne pas l’informer adéquatement sur ses droits ou sa situation financière. Faire des menaces ou pression pour qu’elle donne de l’argent ou modifie un testament, réaliser des transactions bancaires sans son consentement, demander un prix excessif pour des services rendus, ignorer son aptitude à gérer elle-même ses avoirs, etc. Cette maltraitance est particulièrement remarquée par les aînés. Par contre, dans la peur de ne plus recevoir d’aide, ils acceptent souvent d’être exploités et de payer trop cher pour les services rendus.
Lorsque l’on parle de maltraitance organisationnelle, on fait référence aux situations préjudiciables qui sont créées ou tolérées par le système. Par exemple, certains établissements n’arrivent pas à répondre adéquatement aux besoins de leurs patients. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais le manque de personnel ne leur permet pas d’offrir des bains aussi souvent qu’il le faudrait, par exemple. On parle alors de maltraitance organisationnelle.
L’âgisme est de la discrimination envers l’âge de la personne, soit en imposant des restrictions, en réduisant l’accessibilités à des ressources, en infantilisant les aînés ou en ayant des préjugés (ils sont tous séniles, pourquoi prendre la peine de leur expliquer les choses?).
La violation des droits fait référence aux droits et libertés de tous : choisir, voter, avoir le choix de recevoir un traitement médical ou non, avoir son intimité, recevoir de la visite et des appels, pratiquer sa religion. C’est aussi omettre d’informer ou mal informer une personne à propos de ses droits ou ne pas l’aider à les exercer. Jusqu’à preuve du contraire, une personne aînée a toujours la capacité de choisir pour elle-même.
Protéger les personnes vulnérables fait partie de notre rôle à tous. Il ne faut donc pas hésiter à dénoncer lorsque l’on voit de la maltraitance, car cela peut avoir de lourdes conséquences sur la vie des aînés et même engendrer des troubles dépressifs et un déclin cognitif. Si vous vivez de la maltraitance de votre côté, que vous soyez un aîné ou non, n’hésitez pas à demander de l’aide.