03/26/2026
On dirait que rien fait du sens en ce moment.
Je sais pas si c’est moi ou si on est plusieurs à le ressentir, mais il y a comme une lourdeur dans l’air et ça ne va pas en s'améliorant.
Tout semble plus difficile qu’avant, même les choses les plus simples. On travaille, on s’adapte, on fait de notre mieux pour être présentes, pour gérer nos responsabilités, pour garder le cap… mais malgré tout ça, il y a une espèce de tension constante, comme si on n’arrivait jamais vraiment à se déposer. Le coût de la vie augmente, les attentes aussi, le monde va vite — f*cking trop vite — et on dirait qu’on essaie de suivre un rythme qui n’est même plus humain.
En même temps, ce qu’on voit autour de nous n’aide pas à se sentir en sécurité. Les nouvelles sont lourdes, les conflits éclatent ailleurs mais on les ressent ici, les figures publiques déçoivent, les milieux qu’on voyait comme légers ou inspirants deviennent teintés de malaise. On dirait qu’il y a une perte de repères, comme si ce qu’on pensait solide ne l’était plus tant que ça. Et nous, au milieu de tout ça, on essaie de continuer à fonctionner normalement, à être “correctes”, alors que intérieurement, il y a quelque chose qui brasse.
Je pense que ce qui est le plus confrontant, c’est cette impression d’être toujours en alerte. Comme si nos système nerveux ne trouvait plus de piton pause. On absorbe énormément, souvent sans s’en rendre compte, et ça finit par créer de l’anxiété, de la fatigue, parfois même une colère qu’on n’arrive pas à expliquer. Pas une colère dirigée vers quelqu’un en particulier, mais une frustration globale, un trop-plein. Comme si une partie de nous savait que quelque chose ne marche pas dans la façon dont on vit.
Et c’est là que je me surprends à penser au avant, pas si loin, mais mettons 20-30 ans en arrière. Pas avec des lunettes roses, pas parce que tout était mieux, mais parce qu’il y avait une forme de simplicité qu’on a perdue. Les choses étaient moins constantes, moins exposées, moins performantes. On vivait davantage dans le moment présent, sans toujours chercher à optimiser, documenter ou comprendre chaque chose. Il y avait de l’espace pour s’ennuyer, pour respirer, pour juste être, sans pression.
Aujourd’hui, on dirait qu’on a tout… sauf la paix qui vient avec. Et peut-être que la vraie question, ce n’est pas de comprendre pourquoi tout semble chaotique, mais plutôt de se demander si on est obligées de continuer à vivre comme ça. Est-ce qu’on peut choisir autre chose, même à petite échelle? Est-ce qu’on peut ralentir, simplifier, enlever du bruit, revenir à quelque chose de plus doux, plus humain, plus aligné avec ce qu’on ressent vraiment?
Parce que cette espèce de rage qu’on porte, ce n’est peut-être pas un signe qu’on va mal. C’est peut-être un signal très lucide qu’on ne veut plus continuer à fonctionner dans un modèle qui nous épuise.
Et peut-être que, tranquillement, sans révolution, sans pression… on peut commencer à se recréer une vie qui fait un peu plus de sens. 💛