02/02/2026
Dans les dernières années, nombreuses ont été les personnes qui se sont présentées à ma porte, avec un bagage de vie plus "coloré" 💔❤️🩹...
Ou d'autres, tout simplement, avec un cerveau plus "coloré" depuis la naissance (profil atypique). 🌈
Quel que soit ta couleur et/ou ton parcours, mon rôle est de t'accueillir, comme une personne à part entière, et t'accompagner à travers tes "défis", quels qu'ils sont, pour que tu te sentes plus léger, plus aligné, plus conscient, au quotidien, tout simplement 🙏
Cessons de "stigmatiser" ce qui n'est pas "la norme", et apprenons à avancer, sereinement, dans l'écoute , la compréhension et l'accueil de ce qui est, un petit pas à la fois 👣🌸.
Au plaisir de t'accompagner, avec toutes tes couleurs 💖,
Geneviève 🍀
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L'Expérience de Rosenhan
En 1973, huit personnes parfaitement saines entrèrent volontairement dans des hôpitaux psychiatriques aux États-Unis. Elles n’étaient pas malades. Mais personne à l’intérieur de ces murs ne sut le voir.
C’était une expérience des plus troublantes de l’histoire de la psychiatrie. Son auteur, le psychologue David Rosenhan, partit d’une question simple : le système est-il capable de distinguer de manière fiable la santé mentale de la maladie ?
Pour le vérifier, il recruta huit volontaires: des gens ordinaires. Un peintre, une femme au foyer, un pédiatre, un étudiant de troisième cycle, etc. Tous mentirent sur une chose. Ils dirent entendre des voix. Rien de plus!
Ils ne simulèrent aucun comportement étrange et n’exagérèrent aucun symptôme. Et une fois hospitalisés, ils cessèrent totalement de feindre. Ils se comportèrent normalement. Furent polis. Coopératifs. Demandèrent leur sortie. Ils ne l’obtinrent pas.
À partir de ce moment, ils ne furent plus perçus comme des personnes, mais comme des diagnostics. Chaque geste ordinaire fut réinterprété à travers cette étiquette. Prendre des notes devint un comportement obsessionnel. Marcher dans les couloirs, une quête pathologique d’attention. Être aimable, un signe d’autocontrôle propre au trouble.
Sept furent diagnostiqués schizophrènes.
Un, atteint de trouble maniaco-dépressif.
Aucun ne fut considéré comme sain.
Pourtant, certains le remarquèrent. Les véritables patients!
Certains s’approchèrent à voix basse et dirent : « Tu n’es pas comme nous. Tu ne devrais pas être ici. » Ceux que le système jugeait malades virent avec clarté ce que les experts ne surent pas reconnaître.
La durée moyenne d’hospitalisation fut de dix-neuf jours. L’un des volontaires y resta cinquante-deux. Chaque journée renforçait la même conclusion : une fois posée, l’étiquette pesait plus lourd que la réalité.
Lorsque Rosenhan publia l’étude, intitulée « Être sain d'esprit dans des lieux fous », la réaction fut explosive. Une partie de la communauté psychiatrique la rejeta avec fureur. Un hôpital le défia publiquement : s’il envoyait de nouveaux imposteurs, ils les détecteraient sans difficulté. Rosenhan accepta.
Au cours des mois suivants, cet hôpital affirma avoir identifié quarante-et-un faux patients.
Rosenhan n’en avait envoyé aucun.
La leçon fut impossible à ignorer.
Le diagnostic, dans bien des cas, ne reposait pas sur des faits objectifs, mais sur le contexte. Une fois étiquetée, la personne se retrouvait prisonnière d’un récit dont il était presque impossible de sortir, même en étant saine, même en disant la vérité.
L’expérience entraîna des changements importants dans les critères diagnostiques et dans la manière de comprendre la santé mentale. Mais elle laissa surtout un avertissement dérangeant :
La perception peut déformer la réalité plus que la maladie elle-même.
-D. L. Rosenhan, « On Being Sane in Insane Places », Science (New York, N.Y.), vol. 179, no 70, janvier 1973, p. 250–258 (PMID 4683124, DOI 10.1126/science.179.4070.250,
-Lauren Slater, Opening Skinner's Box : Great Psychological Experiments of the Twentieth Century, New York, W. W. Norton, 2004, 1re éd., 276 p. (ISBN 978-0-393-05095-0, LCCN 2003018199), p. 64–94