02/04/2026
Comparer le sucre à la cocaïne est une simplification excessive qui mélange des mécanismes très différents. Oui, le sucre active la dopamine, mais la majorité des choses plaisantes dans la vie le font aussi : manger en général, faire du sport, écouter de la musique, etc.
La différence clé entre le sucre et la cocaïne est que le sucre agit de façon normale sur la dopamine, tandis que la cocaïne “hijack” le système de récompense du cerveau en bloquant la recapture de dopamine et en provoquant une augmentation massive et rapide. Elle perturbe les mécanismes naturels de régulation, induit une tolérance et peut créer une dépendance neurochimique.
Le sucre, quant à lui, stimule la dopamine de façon normale. Le contexte de consommation à aussi un impact majeur : est-il consommé avec des protéines, des fibres, des lipides ? Je connais peu de gens qui mangent du sucre blanc à la cuillère…
Certaines études sur les rats sont souvent citées pour justifier l’idée que le sucre est comme la cocaïne. Mais dans ces études, Les rats étaient isolés, sans distraction, et avaient accès illimité au sucre. Leur préférence ne signifie pas une addiction chimique, juste un comportement motivé par la recherche de plaisir immédiat.Chez l’humain, le sucre ne provoque pas de dépendance chimique ni de sevrage neurologique comparable à la cocaïne.
Le vrai problème n’est pas le sucre en soi, mais pourquoi les gens mangent leurs émotions. Dans notre société, la nourriture sert trop souvent de récompense rapide, de soulagement émotionnel et de régulation du stress, au lieu d’être vue comme un carburant fonctionnel qui optimise la santé et les performances.
Cette “dépendance” alimentaire est multifactorielle :
-Aliments ultra-transformés combinant sucre, gras et sel
-Disponibilité constante de ces aliments
-Manque de sommeil
-Stress chronique
-Restriction cognitive imposée par la culture des diètes
Tous ces facteurs poussent les gens à utiliser la nourriture comme régulateur émotionnel.
Retirer le sucre ne règle pas les comportements compulsifs. Réguler son stress, son sommeil et son état émotionnel, oui.
Le problème n’a jamais été le sucre : c’est l’état du système nerveux.