04/21/2026
Un article bien intéressant!
« La chercheuse Catherine Amiot affirme que l’adoption d’un animal domestique n’apporte pas automatiquement le bien-être. C’est plutôt la qualité du lien qui compte.
C’est ce que démontre la professeure au Département de psychologie de l’UQAM, psychologue sociale et directrice du Laboratoire de recherche sur les relations humains-animaux, à travers les recherches qu’elle mène depuis une quinzaine d’années. « Je pense que c’est important de démystifier. C’est intéressant de creuser la nature de la relation, de regarder ce que les gens font avec leur animal, comment ils se sentent », explique la chercheuse.
Les personnes qui ont des animaux de compagnie évoquent souvent un amour inconditionnel. Selon une récente étude de la chercheuse sur le point d’être publiée, il serait plus approprié de parler de compatibilité. « Ça entre en ligne de compte et, comme on peut le constater dans plusieurs recherches, cette compatibilité peut avoir des implications bénéfiques sur le bien-être des propriétaires », indique-t-elle.
Cette étude prend racine dans une découverte faite durant la pandémie de COVID-19. Catherine Amiot souhaitait alors comparer le bien-être psychologique des propriétaires et des non-propriétaires d’animaux de compagnie, toutes espèces confondues. Contrairement aux idées reçues, les personnes vivant avec un animal rapportaient se sentir moins bien que les autres.
« On est donc allés voir au niveau de différents traits sociodémographiques. Pour qui est-ce que le fait d’avoir un animal domestique était associé à moins de bien-être ? » précise Catherine Amiot. D’après la tendance de l’étude, il s’agissait notamment des personnes qui étaient déjà préoccupées, par exemple par leur emploi ou la perte de celui-ci. « Est-ce qu’on est capable de garder notre animal en santé ? Est-ce qu’on est capable de subvenir à ses besoins ? Quand on regarde les résultats dans leur ensemble, [il ressort] qu’avoir un animal domestique, pour certaines personnes, ça peut représenter une responsabilité supplémentaire, somme toute », assure-t-elle.
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Mme Amiot affirme que ce qui a des bienfaits sur le bien-être, c’est plutôt la nature du lien. La présence attentive — des interactions de qualité grâce au jeu, entre autres, ou encore la connexion émotionnelle — à notre animal y est en effet pour beaucoup. « C’est un facteur psychologique intéressant, parce que les animaux domestiques nous ancrent dans le moment présent, ils nous gardent les deux pieds sur le terrain des vaches, comme on dit. »
Dans son laboratoire de l’UQAM, la chercheuse a ainsi invité des propriétaires de chiens à réaliser tant des exercices de présence attentive avec leur fidèle compagnon que des tâches neutres à l’ordinateur à ses côtés. « On a trouvé des résultats très constants au niveau de l’effet de la présence attentive, qui était associée à plus de bien-être d’après différents indicateurs qu’on avait choisis », souligne-t-elle. Ce qui compte, c’est la fréquence à laquelle le chien sollicite des interactions avec son propriétaire et la qualité de la communication. « Si l’animal est heureux, qu’il a un bon lien avec nous, de l’autonomie, ça peut teinter positivement notre propre bien-être », souligne la psychologue.
Pour Catherine Amiot, ce résultat est d’autant plus intéressant qu’il permet de sensibiliser les gens à l’adoption d’un animal compatible avec qui ils sont, leur mode de vie et leurs valeurs après une discussion avec les refuges et les éleveurs. « Un chat pourra davantage convenir à quelqu’un qui est plutôt calme et qui aime être proche d’un animal sans nécessairement vouloir aller faire des marches avec lui », ajoute-t-elle.
Avoir un animal de compagnie peut en outre permettre de tisser des liens avec les autres.
« Deux propriétaires de chats ont quelque chose en commun. Ils peuvent développer des liens avec des personnes qui, peut-être, ne feraient pas forcément partie de leur cercle d’amis sinon. » - Catherine Amiot
« Dans une autre étude, faite en 2022, on a trouvé que les propriétaires d’animaux domestiques rapportaient effectivement des attitudes sociales plus inclusives et des attitudes plus positives à l’égard d’autres groupes sociaux auxquels ils n’appartiennent pas nécessairement. Ils rapportaient aussi des attitudes plus pro-environnementales, puisqu’ils consommaient un petit peu moins de viande ; ce n’était pas d’énormes différences, mais quand même, dans un gros échantillon comme ça, c’était significatif. »
Quand un animal de compagnie fait partie de la famille, ses propriétaires sont plus enclins à l’empathie envers tous, humains ou non. « C’est encourageant, comme résultat », conclut-elle. »
𝐒𝐨𝐮𝐫𝐜𝐞: 𝐋𝐞 𝐃𝐞𝐯𝐨𝐢𝐫, 𝟏𝟏 𝐚𝐯𝐫𝐢𝐥 𝟐𝟎𝟐𝟔
𝐉𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞: 𝐀𝐦𝐞́𝐥𝐢𝐞 𝐑𝐞𝐯𝐞𝐫𝐭