03/26/2026
Un petit truc qui m'a été utile...
Dans ma petite histoire (et peut-être tu t'y reconnaîtras), j'ai beaucoup aimé me raconter des histoires ou m'en faire raconter. Des fantaisies de toutes les sortes où il y a des personnages, des bons, des méchants, des protagonistes et des figurants.
Parfois, par contre, mes fictions ont pu devenir plus grandes que ma "vraie réalité".
Je me suis longtemps fait prendre à ce jeu (et même tout récemment, comme quoi on apprend tout le temps!). Un jeu d'étiquettes, de racontars, de ouï-dires et de critiques dangereux pour soi, pour l'autre, pour le lien et pour ma propre perception du monde.
Je me suis raconté des histoires pour me valoriser. Me "protagoniser". Pour me justifier de mes réactions ou contre-actions. J'ai créé des méchants(tes) pour me protéger et me distancer parce que j'avais peur. Peur de moi-même, de ma vulnérabilité, de ma sensibilité, de mes faiblesses, de mes mécanismes, de mes réactions ou même peur de l'absence de réaction de ma part.
Toutes ces fictions parce que j'avais de la misère à m'avouer que j'avais peur... d'exister. Peur de penser que ma valeur en tant qu'être humain pouvait diminuer parce que finalement, j'étais pas "si hot que ça" quand je faisais des erreurs, quand je posais des gestes qui causent du tort à autrui. C'est beaucoup plus facile de critiquer une pièce de théâtre qui se joue devant nous que d'aller sur scène y jouer un rôle... non?
P*s sais-tu quoi? Aujourd'hui, encore, j'ai parfois peur. Mais j'ai des outils pour les traverser. Et ça a renversé la vapeur.
Sortir pas à pas de mes fictions et de mes jugements a été salutaire. Regarder la matière de ce qui me constitue de façon crue et sans détour m'a permis de voir ce qui était possible chez moi et aussi ce qui était dénaturé / dénaturant. Ça m'a permis de voir que je ne suis pas obligé d'être SuperMan pour être un homme super, et que des fois c'est même super de ne pas être grand chose, le temps d'un moment. Qu'il y a de la beauté dans mes côtés "ordinaires" et peu flamboyants, dans ces journées où je suis au service de rien et que je suis le protagoniste du grand vide.
Ça me permet de me rencontrer pleinement. D'oser. De tester. De jouer comme un enfant, sans but, sans attente de résultat. D'arrêter de créer consciemment ou inconsciemment du drama pour ajouter du soi-disant "piquant" dans ma vie. De rencontrer l'autre pleinement aussi. Et de réduire la distance entre moi et les autres, les autres et moi. D'avoir un peu plus d'écoute, d'accueil et d'empathie pour l'être humain devant moi qui a ses enjeux, ses défis, ses croyances, ses systèmes intérieurs, ses limitations et ses qualités.
Ça ne veut pas dire que j'accepte tout sans broncher, que je consens à tout geste envers moi, bienvenu ou pas. J'ai envie de respect et de bienveillance mutuels. Ça me rappelle juste que je ne suis pas si différent de celui ou celle qui se présente à moi. Que j'ai les mêmes paramètres, les mêmes genres de dilemmes et les mêmes genres d'incohérences, parfois.
Et ça me permet un lien plus authentique et plus grand avec la Vie qui m'habite et qui est autour... Ce grand laboratoire expérientiel.
Comme disait Gustav Yung (en paraphrase) : "Le but de l'humain n'est pas d'être parfait, mais d'être entier"
Stevie
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