11/02/2026
Lors du "jugement", la figure de la déesse Maât était placée sur l’un des plateaux de la balance, tandis que le cœur du mort reposait sur l’autre.
Le cœur, pour l’Égyptien, organe des pensées et des sentiments les plus intimes, pouvait manifestement parler un langage différent de celui du mort lui-même.
Le cœur remarquait lorsqu’il y avait quelque chose d’irrégulier dans sa "confession négative" par laquelle l’homme reconnaissait Maât, et le cœur devenait alors "lourd". Le plateau qui le portait s’abaissait, et le sage et savant dieu-lune Thot consignait le résultat sur sa tablette.
Les impulsions individuelles, en contradiction avec la confession préconçue par le collectif, proviennent du cœur. C’est-à-dire elles sont inconscientes.
Dans certaines représentations du Jugement des morts, le mort lui-même est assis sur la balance à la place de Maât, signe qu’il s’identifie entièrement à elle. Mais dans d’autres, plus troublantes, le Ba est assis avec le cœur sur le plateau. Le Ba joue alors le même rôle que le cœur. La rencontre avec l’âme était donc celle qu’on appellerait aujourd’hui avec l’inconscient.
Cette lecture s’appuie sur les travaux de Marie-Louise von Franz consacrés au dialogue égyptien "L’homme fatigué du monde et son Ba", (Papyrus Berlin 3024), édité et commenté par H. Jacobsohn en 1952 dans Timeless Documents of the Soul (Northwestern University Press, Studies of the C. G. Jung Institute).