12/12/2025
Vous le savez peut-être, je propose depuis l’été dernier des suivis psychanalytiques, avec une approche psycho-spirituelle…
J’aurais pu appeler cette approche “jungienne”, mais par souci de liberté intellectuelle, je préfère m’en tenir à une terminologie neutre et ouverte.
Il faut toutefois s’entendre sur les termes : une approche psychanalytique est d’abord une posture vivante et dynamique.
L’analyste se tient dans une position d’écoute, attentif à ce que l’inconscient du sujet cherche à dire - sans savoir préalable, sans grille rigide.
Elle repose sur :
- le non-savoir (pas de vérité donnée d’avance),
- le respect du désir du sujet,
- la circulation de la parole libre.
Quant au moteur de l’analyse, il tient souvent au manque : manque de joie… d’amour… de confiance… de liberté… ou de sens.
L’être humain est un être marqué par le manque, et c’est précisément de ce manque que peut naître un mouvement intérieur.
Il est rare qu’un sujet consulte lorsqu’il se sent pleinement comblé - sauf, dans mon cas, pour un travail de supervision afin d’avoir un second avis.
En psychanalyse, on parle d’éthique… en contraste avec la morale religieuse.
Non pas une morale du bien et du mal, mais une éthique centrée sur une question essentielle :
“Qu’est-ce qui oriente, à notre insu, nos choix, nos souffrances et notre rapport au monde ?”
L’analyse cherche la vérité du sujet — pas La Vérité — et l’exploration de son désir, souvent façonné par des expériences de manque ou de séparation, qu’elles soient réelles, imaginaires ou symboliques.
Dans le champ de la spiritualité, on parle plus volontiers de morale.
Particulièrement dans les traditions monothéistes, où l’on trouve des règles, des dogmes, et des devoirs orientés vers l’idée du Salut.
La morale religieuse donne un cadre, un sens, une cohérence à l’existence, sous forme de principes universels auxquels on est invité à se conformer.
Dans les philosophies tournées vers le Soi, Dieu n’est plus une instance extérieure, mais une présence intérieure ; et l’enjeu n’est plus de se réaliser après la vie, mais au cours de la vie.
L’une se tourne vers l’extérieur pour prier, l’autre vers l’intérieur pour s’unifier.
Dans tous les cas, la différence reste claire : la psychanalyse questionne, là où la spiritualité ou la religion répondent — chacune selon son cadre propre.
Pourtant, les deux sont intimement liées.
Dans les deux cas, l’essentiel se joue dans le for intérieur du sujet.
La psychanalyse étudie comment l’inconscient influence les états d’âme du sujet, ses désirs et sa relation au monde.
La religion et la spiritualité donnent du sens à l’expérience humaine, en traitant du commencement, de la fin, et de la destinée…
Des questions si fondamentales qu’elles influencent elles aussi la subjectivité.
Ce sont deux plans distincts, mais complémentaires, si l’on les considère comme des dimensions de l’expérience.
Comment distinguer l’une et l’autre ?
Si l’on prend le symbolisme de la Croix, on imagine facilement :
L’axe horizontal : celui de la vie psychique — pulsions, désirs, conflits, inconscients individuels et collectifs.
L’axe vertical : celui de la transcendance — l’âme, les aspirations profondes, la quête d’unité avec une dimension supérieure.
Dans les deux cas, il s’agit de quêtes, et non d’états accomplis.
Car il existe une double séparation :
1 -entre le Sujet et ce qui, en lui, lui échappe (l’inconscient),
2 -et entre le Sujet et le monde subtil (le “voile” spirituel parfois appelé d’Isis).
En psychanalyse, on cherche à aller mieux, ou à mieux se connaître. En spiritualité, on cherche à comprendre et appliquer les lois de l’existence et du Salut.
Relier les deux - comprendre le monde à travers la spiritualité pour mieux se connaître et ainsi “vivre sa meilleure vie” - est une voie que je propose…
… et que j’ai appelée la Voie de la Source.
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Quelle articulation entre ces deux axes ?
🔹 Articulation n°1 — La dynamique de réalisation du Sujet
La première articulation concerne la manière dont l’être humain se structure intérieurement.
Freud disait : « Au ça, le moi doit advenir ». Non pas pour réaliser tous les désirs inconscients, mais pour composer avec cette force pulsionnelle qui nous habite.
Jung, lui, décrit le processus d’individuation : un mouvement par lequel le Moi se rapproche du Soi pour tendre vers une unité intérieure.
Dans la spiritualité, ce même mouvement est entendu comme l’aspiration du Soi - ou de l’âme - à se manifester dans l’existence.
Le Soi porterait une direction, un plan, que le Moi est invité à incarner au travers d’expériences qui élargissent la conscience.
Cette dynamique peut apparaître dans des signes favorables - synchronicités, grâces - ou dans des répétitions et blocages qui demandent une lecture symbolique.
Dans cette première articulation, psychanalyse et spiritualité éclairent toutes deux le mouvement interne du Sujet : ce qui le pousse, ce qui l’oriente, ce qui cherche à se réaliser à travers lui.
🔹 Articulation n°2 — La fonction de chaque voie : libérer / nourrir
La seconde articulation concerne non plus la dynamique intérieure, mais la manière dont chaque voie agit concrètement.
La cure psychanalytique “nettoie le creuset” : elle met à jour les illusions, les identifications, les transferts, les fantasmes - non pour moraliser, mais pour libérer de l’espace psychique.
Elle permet aussi de mettre à distance les fausses spiritualités et les systèmes de croyances trompeurs.
Une fois l’espace clarifié, la voie spirituelle peut s’inscrire plus librement.
Elle nourrit le Sujet quotidiennement, élargit sa conscience, et l’aide à passer d’un état d’être à un autre - c’est le sens symbolique du :
« Donnez-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. »
Dans cette seconde articulation, la psychanalyse défait et la spiritualité édifie.
L’une libère l’espace intérieur, l’autre l’habite.
La Voie de la Source s’inscrit précisément à l’intersection de ces deux mouvements.
À bientôt,
Olivier
PS : Tout ce qui précède n’est que ma lecture personnelle des choses à ce jour.