24/01/2026
Dans la vie, on nous apprend à encaisser.
Cette phrase m’a été partagée en séance.
Elle vibre fort.
Elle en dit long.
Encaisser quoi, au fond ?
Les mots que l’on ravale.
Les émotions que l’on range.
Les colères que l’on étouffe.
Les peurs que l’on maquille en force.
Les larmes que l’on retient.
On nous apprend à encaisser
pour tenir et avancer,
pour ne pas déranger,
pour rentrer dans le cadre.
Mais encaisser…
est-ce vraiment traverser ?
Ou est-ce plutôt mettre de côté ?
Mettre de côté ce qui déborde.
Ce qui dérange.
Ce qui est trop vivant.
Encaisser, est-ce être soi…
ou doucement se renier ?
Très tôt, on apprend ce qu’on attend de nous.
De l’homme.
De la femme.
De l’enfant.
De l’adolescent.
Être fort.
Sage.
Performant.
Discret.
Adapté.
On apprend à encaisser et à se taire.
Comme si la vie était un guichet
où l’on reçoit des charges,
des injonctions,
des rôles à jouer, un formatage,
sans jamais pouvoir dire :
« Ça, c’est trop pour moi. »
Mais est-ce vraiment ça, la liberté ?
L’alignement ?
L’estime de soi ?
La confiance ?
L’expression de qui je suis ?
À force d’encaisser,
on s’anesthésie.
On se coupe.
On se contracte.
On survit plus qu’on ne vit.
Alors peut-être qu’il est temps
d’apprendre autre chose.
Apprendre à traverser, plutôt qu’à subir.
Apprendre à libérer, plutôt qu’à stocker.
Apprendre à exprimer, plutôt qu’à encaisser.
« Décaisser » ce qui pèse.
Déposer ce qui ne nous appartient pas.
Redonner de la voix à ce qui a été muselé.
Parce qu’encaisser, bien souvent,
ce n’est pas être fort.
C’est s’éloigner de soi.
Et vivre…
ce n’est pas répondre à des attentes extérieures.
C’est vibrer juste,
à l’intérieur.
Alors peut-être que le vrai courage,
ce n’est plus d’encaisser.
Mais de se choisir.
De se dire.
De se libérer.
De vivre.
Et surtout…
de se permettre.
Et si je me permettais maintenant ? Anthony Soulard.