13/02/2026
Le burn - out quand le corps ne peut plus .
Témoignage
J’y replonge. Je me voyais y sombrer de nouveau depuis des mois, depuis des semaines. Je le sentais approcher, mais je refusais d’y croire. Je me disais que non, que j’étais capable, que j’avais appris, que je saurais me protéger cette fois. Je ne voulais pas le voir. Pourtant il était là, déjà là, revenant sournoisement comme une ombre au-dessus de moi.
Aujourd’hui il ne se cache plus. Il fait rage, il remonte à la surface et prend toute la place. Mon corps est effondré, mon cerveau saturé. Chaque sollicitation devient une agression, chaque tâche un poids supplémentaire. Je l’ai vu venir, je savais, mais je me suis convaincue que je pouvais tenir encore un peu, toujours un peu plus.
Pas encore. Pas une fois de plus.
Et pourtant il est là. Le burn-out.
C’est violent de sentir ses capacités se fissurer. Violent de ne plus réussir à faire ce qui semblait possible hier encore. Violent de se regarder glisser en se rappelant la promesse qu’on s’était faite : ne plus jamais en arriver là.
Je suis en colère contre moi d’avoir cru que je pouvais encaisser davantage. Mais au fond, est-ce vraiment contre moi que cette colère devrait se tourner ? On nous apprend à dépasser nos limites, à faire plus, à compenser, à prouver sans cesse que nous sommes capables. On nous félicite quand nous nous épuisons, on admire l’endurance, on glorifie le sacrifice. On ne nous apprend jamais à nous arrêter.
Le burn-out n’est pas une faiblesse morale. C’est un signal d’alarme. C’est un corps qui refuse de continuer à se taire quand on l’a trop longtemps poussé au-delà de ce qu’il pouvait supporter.
Il est là, oui. Insidieux, écrasant. Mais je refuse désormais d’en avoir honte. Si je m’effondre, ce n’est pas parce que je suis fragile. C’est parce que je vis dans un monde qui exige l’impossible et appelle cela normal.
Et cette fois, je ne me tairai pas, j’en aurais plus honte