30/12/2025
Nous étions là.
Tous les quatre.
Ce n’était pas prévu.
Nos vies étaient ailleurs.
Sur trois continents différents :
l’Amérique, l’Europe et l’Afrique.
Et pourtant, ce jour-là, nous étions réunis.
Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai changé d’avis quelques jours avant Noël.
Je n’ai pas réfléchi.
J’ai écouté quelque chose en moi.
Le 30 décembre, mon père est mort à 18h.
Nous étions autour de lui.
Chacun a pris la place qui avait toujours été la sienne dans sa vie.
Sans se parler.
Sans se coordonner.
Ma mère, dans le soin,
en lui mettant de l’eau de fleur d’oranger sur le visage.
Mon frère, dans le soutien.
Ma sœur, dans la prière.
Et moi,
sa tête reposait contre mon épaule, côté cœur.
Et à ce moment précis, j’ai senti quelque chose partir.
Je ne sais pas comment le décrire.
Ce n’est ni une pensée, ni une image.
C’est une sensation.
Une présence qui se retire.
Je l’ai sentie.
Et je la ressens encore parfois.
Dire au revoir à son père n’est jamais simple.
Parce qu’un père n’est jamais seulement un père.
Il est aussi un frère,
un ami, un prof, un cuisinier
parfois un adversaire,
parfois une blessure.
Tout cela à la fois.
Ce jour-là, je n’ai rien compris.
Je n’ai rien analysé.
J’ai été là.
Il y a des expériences que l’on ne peut pas expliquer,
mais qui nous transforment à jamais.
Depuis, je fais davantage confiance à ces sensations
qui ne demandent pas à être comprises.
Seulement écoutées.
Parfois, il suffit d’écouter.
𝕵𝖊 𝖙’𝖆𝖎𝖒𝖊 𝖕𝖆𝖕𝖆.