27/12/2025
Ne permettez pas que vos enfants assistent à vos disputes conjugales.
Un enfant n’a pas la maturité émotionnelle pour assister aux conflits conjugaux.
Lorsqu’il est exposé aux disputes, aux cris, aux reproches ou au mépris entre ses parents, il ne comprend pas les causes réelles du conflit. Ce qu’il perçoit, c’est l’insécurité.
Dans l’esprit de l’enfant, une dispute parentale n’est jamais neutre. Elle est vécue comme une menace. Menace de séparation. Menace de perte. Menace d’effondrement du cadre qui lui donne un sentiment de protection. Même lorsque les parents pensent que « l’enfant ne comprend pas », son système émotionnel, lui, enregistre tout.
Très souvent, l’enfant se croit responsable. Il pense, consciemment ou non, que s’il avait été différent, plus sage, plus silencieux ou plus obéissant, la dispute n’aurait pas eu lieu. Cette culpabilité invisible s’installe profondément et peut marquer durablement sa construction intérieure.
Assister aux conflits conjugaux apprend aussi à l’enfant des modèles relationnels dangereux. Il apprend que l’amour fait mal. Que la colère est une manière normale de communiquer. Que le respect peut disparaître quand l’émotion monte. Plus t**d, devenu adulte, il reproduira ce qu’il a vu, non par choix, mais par familiarité.
Cela ne signifie pas que les parents ne doivent jamais être en désaccord. Le conflit fait partie de toute relation humaine. Mais il doit être contenu, régulé et protégé du regard de l’enfant. Les désaccords se règlent entre adultes, dans un espace sécurisé, loin des oreilles et des yeux des plus jeunes.
Protéger l’enfant des disputes conjugales, ce n’est pas mentir ni faire semblant. C’est assumer pleinement son rôle de parent. C’est lui permettre de grandir dans un climat où la sécurité émotionnelle est prioritaire, même lorsque le couple traverse des tensions.
Dans notre école, nous rappelons une vérité simple mais exigeante :
les enfants n’ont pas à porter le poids des conflits qui ne sont pas les leurs.
Les préserver aujourd’hui, c’est leur éviter demain des blessures qu’ils ne sauront pas toujours expliquer.
KABEYA - Institut de la Mémoire