26/12/2025
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Quand le diagnostic divise au lieu de rassembler...
Il y a des diagnostics qui apaisent. Et puis il y a ceux qui fissurent la famille.
Le TDAH (ainsi que les autres troubles) ne concerne jamais uniquement l’enfant. Il s’invite dans le couple parental, dans les discussions éducatives, dans les silences lourds de sens.
Et parfois, il crée une fracture profonde : celle de deux parents qui ne regardent plus leur enfant avec les mêmes lunettes.
Celui qui accepte… et celui qui refuse...
D’un côté, le parent qui accueille le diagnostic comme une clé. Il lit, s’informe, se remet en question. Il accepte que son enfant ne fonctionne pas “comme les autres”, non par manque de volonté, mais parce que son cerveau est différent.
Il adapte ses pratiques, ajuste ses attentes, cherche des solutions concrètes. Il doute, il s’épuise, mais il avance.
De l’autre, le parent normatif.
Celui qui dit : « On a toujours fait comme ça », « La vie est dure », « Il devra bien s’y faire ».
Souvent sans mauvaise intention. Par peur, par déni, par fatigue, ou parce que reconnaître le trouble revient à remettre en question tout un héritage éducatif.
Accepter le diagnostic, pour lui, c’est parfois accepter une forme d’impuissance… et c’est insupportable.
Deux visions éducatives, une tension permanente...
Quand ces deux visions cohabitent, la famille devient un champ de tensions.
Les règles varient selon le parent. Ce qui est compris d’un côté est sanctionné de l’autre.
L’enfant reçoit des messages contradictoires : « Tu as besoin d’aide » face à « Tu pourrais faire mieux si tu voulais ».
Le conflit n’est pas théorique. Il se joue chaque jour, dans les devoirs, les crises, les repas, le coucher.
L’enfant pris en étau...
L’enfant TDAH ne lutte pas seulement avec l’attention ou l’impulsivité. Il lutte avec son identité.
Quand un parent valide son vécu et que l’autre le nie, il apprend que certaines parts de lui sont acceptables… et d’autres non.
Il peut se suradapter, exploser, se replier, ou culpabiliser.
Et souvent, il finit par croire qu’il est la cause du conflit parental.
Accepter le trouble n’est pas renoncer à éduquer...
Un mythe nourrit ces désaccords : accepter le TDAH serait tout excuser. Ce serait baisser les bras. C’est faux.
Accepter le trouble, ce n’est pas supprimer le cadre. C’est le rendre accessible.
C’est poser des limites en tenant compte du fonctionnement réel de l’enfant.
Refuser le diagnostic au nom de la “dureté du monde” n’endurcit pas l’enfant. Cela l’isole.
Première piste concrète : déplacer le débat vers le vécu de l’enfant.
Plutôt que débattre du diagnostic, parler de situations concrètes. Décrire des faits observables : la fatigue après l’école, les crises du soir, l’angoisse face aux devoirs. Remplacer « le TDAH dit que… » par « qu’est-ce que tu observes quand… ».
Cela permet de sortir de l’affrontement idéologique et de revenir à l’enfant réel.
Deuxième piste : nommer les intentions positives de chacun...
Derrière chaque position se cache une intention protectrice.
L’un veut éviter la souffrance, l’autre veut préparer à la réalité.
Mettre ces intentions en mots apaise souvent les échanges.
Dire : « Je sais que tu veux qu’il s’en sorte » ou « Je sais que tu veux qu’il soit fort » crée un terrain commun là où il n’y avait que de la défense.
Troisième piste : expérimenter plutôt que convaincre...
Chercher à convaincre l’autre parent mène souvent à l’impasse.
Proposer des essais concrets, limités dans le temps, est plus efficace.
Tester un aménagement, une routine, une approche éducative pendant quelques semaines, puis observer ensemble l’impact sur l’enfant.
Les faits ont parfois plus de poids que les discours...
Quatrième piste : faire appel à un regard extérieur...
Quand le dialogue est trop chargé émotionnellement, un tiers peut devenir un médiateur précieux. Un professionnel, mais aussi parfois un proche de confiance, capable de reformuler sans juger.
Son rôle n’est pas de trancher, mais de sécuriser l’échange et de remettre l’enfant au centre, loin du rapport de force.
Cinquième piste : construire une cohérence minimale...
L’accord total est rare.
Mais l’enfant n’a pas besoin de parents identiques.
Il a besoin de repères lisibles.
Définir ensemble quelques règles communes non négociables, tout en acceptant des différences ailleurs, permet de réduire l’insécurité émotionnelle.
Une cohérence imparfaite vaut toujours mieux qu’un chaos relationnel.
Sixième piste : reconnaître l’impact du conflit sur l’enfant...
Mettre des mots sur l’effet du désaccord est essentiel.
Dire clairement : « Nos conflits le mettent en difficulté » peut provoquer une prise de conscience.
Parfois, ce n’est pas le TDAH qui abîme le plus l’enfant, mais la guerre silencieuse entre les adultes qui l’entourent.
Quand le couple parental s’abîme...
À force, le désaccord éducatif devient un désaccord identitaire.
Le parent qui s’adapte se sent seul, accusé d’être trop laxiste.
Le parent normatif se sent remis en cause, parfois humilié par le diagnostic.
La communication se fige, la confiance s’effrite, et le TDAH devient le symbole de tout ce qui ne va plus.
Ce que l’enfant retiendra, plus t**d...
Les enfants n’oublient pas qui les a crus. Ni qui les a niés. Ils se souviennent de ceux qui ont essayé de comprendre quand eux-mêmes n’y arrivaient pas.
Ce qui marque durablement, ce n’est pas le trouble, mais la manière dont les adultes l’ont accueilli… ou rejeté.
Transformer la fracture en point d’appui...
Trouver un terrain d’entente ne signifie pas renoncer à ses convictions.
Cela signifie accepter que l’amour pour un enfant passe parfois par le compromis, l’humilité et l’expérimentation.
Le diagnostic n’est ni une excuse ni une condamnation. C’est une opportunité : celle de grandir ensemble plutôt que de se déchirer autour de l’enfant...
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