01/03/2026
Mars est lĂ .
Je relis les mots que jâai Ă©crits pour toi au fil des annĂ©es, PapaâŠ
Cette année je suis allée sur la tombe de maman.
Parce quâaujourdâhui câest aussi la fĂȘte des grand-mĂšres.
Un drĂŽle de pont entre vous deux.
Et moi jâai beau lever les yeux, je ne trouverai plus vos regards posĂ©s sur moi, sur mes pas, sur mes choix, sur ma vie.
Jâai parfois lâimpression de ne plus avoir de mĂ©moire externe.
Comme si un bout de ma tĂȘte Ă©tait parti avec vous.
Ce matin je voulais brancher mon tĂ©lĂ©phoneâŠ
je me suis retrouvée devant la prise avec le chargeur
et une paire de lunettes de soleil.
Jâai un peu trop la tĂȘte dans les nuages.
Peut-ĂȘtre parce que vous y ĂȘtes.
Jâaurais aimĂ© boire un verre avec toi de temps en temps, Papa.
Gratter sur le comptoir comme quand jâĂ©tais gamine et tâĂ©couter rire.
Jâaurais aimĂ© tâappeler Maman, tâoffrir des fleurs, tâenvoyer des photos.
Je nâai pas eu des parents parfaits.
Mais jâai eu des parents.
Papa, tout cabossé, imprévisible, libre.
Maman, pleine de blessures parfois, mais aimante, rĂ©siliente et fidĂšle Ă elle-mĂȘme.
Je vous aime.
Tu es parti un 29 février.
Une date sans bord, insaisissable.
Un peu comme toi.
Comme si le 29 me soufflait :
tu ne pleureras pas chaque année sur ce soupir ultime.
Mais le cĆur nâoublie jamais.
Aujourdâhui cela fait 26 ans.
Mes filles nâont de toi que des images sur du papier plat.
Je suis devenue la gardienne de ton souvenir papa.'''
Parce que si je ne parle pas de toi,
tu disparais encore une fois.
Aujourdâhui jâespĂšre que toi et maman vous vous ĂȘtes retrouvĂ©s, cĆur Ă cĆur, avec ClĂ©mence. Ma p'tit soeur d'amour...
Jâaime croire que malgrĂ© les Ă©preuves vous ĂȘtes quelque part, rĂ©unis.
Et que de lĂ -haut vous veillez encore sur ce que vous avez construit.
Parce que lâamour, lui,
ne meurt jamais.