06/01/2018
☆☆ Une ambulancière fait un accouchement à domicile ☆☆
Dans la soirée du 25 décembre, un équipage d’ambulanciers a dû réagir très rapidement.
Ils pensaient assurer le transport d’une maman proche de l’accouchement de son domicile de la rue Shakespeare vers l’hôpital de L’Archet. Mais une fois sur place, l’arrivée du bébé s’est précipitée.
C’est lors de sa garde de nuit que Malika et son collègue sont appelés par le SAMU de Nice (pour la 14ème fois cette nuit-là), motif : « femme avec contraction » !
Malika regarde son collègue, et en riant lui dit : « Aller on y go on va accoucher une dame !... » Ne pensant pas si bien dire puisque ce genre d’appel est habituel pour Malika qui pense plutôt à un transfert jusqu’à la maternité.
Arrivés sur les lieux Malika fait le bilan (Malika est auxiliaire ambulancière mais a pour habitude de faire des bilans à tour de rôle avec ses collègues). Lorsqu’elle voit la dame pliée en deux, elle lui demande depuis quand elle a des contractions et si elles sont rapprochées.
La réponse positive ne se fait pas attendre et la patiente demande à aller aux toilettes, Malika demande donc si elle a envie de pousser et la parturiente lui répond par l’affirmative, en lui précisant que c’est sa troisième grossesse. L’ambulancière (en tant que maman) sait que le bébé ne va pas tarder à pointer le bout de son nez…
"On a immédiatement contacté le SAMU, raconte Malika Baouya, car le transport n’était plus possible, l’arrivée du bébé était imminente et une équipe médicale a été alertée afin de nous rejoindre au plus vite. Mais j’ai aussi compris que le bébé n'attendrait pas, il nous a donc fallut agir !...
Malika, auxiliaire ambulancière depuis juillet 2017 nous raconte : « À ce moment là j’invite la dame à se rallonger et j’envoie mon collègue chercher le kit d’accouchement dans l’ambulance… Une fois que la dame s’allonge je mets des gants et je vois que la dame commence à pousser sans pouvoir se contrôler.
Je regarde et je vois des cheveux, le bébé commence à sortir. Je dis « le bébé arrive, allez Madame poussez ! » Là, tout va très vite, la tête sort et je lui dis de ne plus pousser pour libérer les épaules mais elle n’y arrive pas, je tiens la tête qui sort en entier puis les épaules commencent à sortir, puis le corps tout entier.
Prenant le bébé dans les bras, je constate que le cordon est autour du cou et que le bébé ne réagit pas…
Je vois mes mains trembler, je déroule alors très vite le cordon qui lui sert le cou (2 tours) puis je lui tapote le dos et les fesses et là, il se met à crier. C’est dans une grande émotion que je me mets à rigoler et à féliciter la maman !
Son mari et sa maman étaient dans la pièce et ont donc assisté de loin, en silence, à l’accouchement.
En donnant le petit bout à sa maman, mon collègue arrive avec le kit d’accouchement. Il met ses gants et me seconde.
Je propose à la maman le contact peau à peau avec son bébé pour le réchauffer et constituer un moment privilégié pour le bébé et sa maman.
Mon collègue ouvre le kit et me donne le nécessaire pour clamper le cordon ombilical.
Demandant à la maman si elle souhaite allaiter son bébé, je l’aide à le mettre au sein. Mon collègue me donne le bonnet qui est dans le kit et je le mets sur la petite tête qui tète tout naturellement le sein, je les couvre pour ne pas qu’ils aient froid.
L’équipe du Samu qui arrive 15 mn après, très étonnée de voir le bébé téter tranquillement.
C’est à ce moment, que je me suis retirée pour laisser le Samu terminer le travail (la délivrance) !
Le résultat de cette belle intervention ? Un beau bébé prénommé Naïm, qui pesait 3kg600 à la naissance, qui se porte bien ainsi que sa maman qui est heureuse d'avoir eu l'aide d'un équipage de professionnels.
Cinq jours après l’accouchement, au domicile des parents, Malika a eu la joie de porter à nouveau le petit Naïm dans ses bras. Il s’est endormi dans mes bras et sa maman m’a dit : « depuis des heures j’essaie de le faire dormir mais il ne veut pas. Il a dû sentir qu’entre vous, il y a quelque chose »
Propos de Malika, ambulancière, recueilli lors d’un entretien avec Philippe, gestionnaire de la page du CATSUF.