19/01/2026
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J’ai arrêté d’aider, arrêté d’inviter, arrêté d’appeler. Non pas par colère, ni par vengeance, mais par fatigue. Une fatigue silencieuse, accumulée au fil du temps, à force de toujours être celle qui pense aux autres, qui fait le premier pas, qui maintient les liens en vie. J’ai simplement cessé de donner là où je ne recevais plus rien.
Au début, je me suis demandé si je faisais une erreur. Si j’étais trop dure, trop distante, trop susceptible. J’ai douté de moi, comme on le fait souvent quand on est habitué à porter les relations à bout de bras. Puis j’ai observé. Le silence. L’absence. Les invitations qui ne venaient plus. Les appels qui ne sonnaient jamais. Et j’ai compris.
J’ai réalisé que l’amie… c’était moi. Pas eux.
C’était moi qui prenais des nouvelles. Moi qui proposais de se voir. Moi qui écoutais, soutenais, aidais, rassurais. Moi qui étais présente dans les moments difficiles, disponible même quand ça ne m’arrangeait pas. Et quand j’ai arrêté, tout s’est arrêté. Pas parce que tout le monde était occupé, mais parce que sans mes efforts, il n’y avait plus rien.
Cette prise de conscience fait mal. Elle bouscule. Elle oblige à regarder la vérité en face : certaines relations ne tiennent que parce qu’une seule personne se bat pour elles. Et ce n’est pas de l’amitié, c’est un déséquilibre. On peut aimer fort, être loyal, généreux, présent… mais on ne peut pas être deux à soi tout seul.
Arrêter d’aider, d’inviter, d’appeler, ce n’est pas devenir égoïste. C’est se respecter. C’est arrêter de mendier une place, une attention, une réciprocité qui devrait être naturelle. C’est comprendre que l’on mérite des relations où l’effort circule dans les deux sens, où l’on est choisi autant que l’on choisit.
Cette étape est souvent douloureuse, mais elle est nécessaire. Elle fait le tri. Elle révèle qui est vraiment là, et qui était simplement habitué à recevoir sans jamais donner. Elle apprend à mieux choisir, à poser des limites, à ne plus confondre attachement et solitude déguisée.
Aujourd’hui, je sais une chose : être une bonne amie est une qualité précieuse. Mais elle ne doit jamais se faire au prix de l’oubli de soi. Les vraies relations survivent quand on arrête d’en faire trop. Et celles qui disparaissent à ce moment-là… n’étaient peut-être pas aussi vraies qu’on le pensait.