23/12/2025
Un enfant qui grandit dans un climat où la colère parentale est fréquente apprend très tôt que l’environnement relationnel est imprévisible. Les réactions émotionnelles intenses des figures d’attachement deviennent un signal de danger : il faut anticiper, éviter l’erreur, se conformer pour maintenir un minimum de sécurité affective. Progressivement, l’enfant développe une vigilance accrue aux signes de désapprobation et ajuste son comportement pour réduire le risque de conflit.
Dans ce contexte, l’erreur n’est plus vécue comme une étape normale de l’apprentissage, mais comme une menace potentielle pour le lien. La peur de se tromper s’installe alors non pas comme un trait de caractère inné, mais comme une stratégie adaptative. Douter de soi, vérifier constamment si l’on agit « correctement », chercher des repères externes devient une manière de se protéger émotionnellement.
À l’âge adulte, ces stratégies peuvent persister, même lorsque le danger réel a disparu. La recherche d’approbation des autres sert alors de substitut au sentiment de sécurité interne qui n’a pas pu se consolider pleinement dans l’enfance. L’estime de soi tend à dépendre du regard extérieur, et l’autonomie émotionnelle reste fragile face à la critique ou au conflit.
Cependant, ce parcours n’est ni automatique ni irréversible. Il décrit une dynamique possible, observée de manière statistique dans la recherche, et non une fatalité individuelle. D’autres expériences relationnelles, des figures soutenantes, ou un travail thérapeutique peuvent permettre de reconstruire un sentiment de sécurité interne, de redéfinir le rapport à l’erreur et de sortir progressivement de cette logique de peur et de validation permanente.