01/02/2026
On m’avait dit : « Tout le monde voudra venir te voir à la maternité ! » Famille, amis, tous impatients de rencontrer le bébé. Comme si c’était une évidence. Comme si j’allais être rayonnante, fraîche et disponible, prête à accueillir une foule en pleine tempête hormonale.
Et puis, il y a les influenceuses. Celles qui affichent un teint glowy, une coiffure impeccable et un bébé apaisé dans les bras à peine quelques heures après l’accouchement. Comme si c’était ça, la norme. Comme si on devait jouer un rôle, sourire à la caméra, feindre l’évidence d’un bonheur lisse et sans faille.
Sauf que non. J’étais là, dans un lit trop dur, une chemise d’hôpital froissée sur le dos, le corps en vrac, le cerveau embrumé, en train d’essayer de comprendre ce petit être qui venait de faire exploser mon monde. J’observais son visage minuscule, j’écoutais chaque son, chaque respiration, tentant de capter ce langage inconnu. C’était ça, mon moment. Et il n’y avait pas de place pour une parade de visiteurs.
Pourquoi continue-t-on à faire croire que les premières heures d’une mère doivent être une vitrine sociale ? Que donner naissance n’est qu’une case à cocher avant de redevenir aussitôt disponible pour les autres ? Comme si on ne venait pas de traverser une épreuve physique et émotionnelle d’une intensité f***e.
Biologiquement, les premières heures post-partum sont sacrées. L’ocytocine, l’hormone de l’amour, est à son pic. Elle tisse le lien entre la mère et l’enfant, favorise l’allaitement, ancre cette rencontre dans une dimension instinctive et viscérale. Mais si ce moment est parasité par des visites incessantes, cette bulle si fragile peut éclater trop vite.
Ce que j’aurais aimé entendre ? Tu as le droit de refuser les visites. Tu n’as pas à justifier ton besoin de solitude. Protéger son espace, c’est protéger son bébé.