10/10/2025
Le fauteuil
Il est là, massif, posé dans un coin de la pièce comme une certitude. Presque tourné vers l’extérieur… mais pas trop. Car il garde les secrets. Il est là, il se tait, il ne les partage pas avec le monde.
Un fauteuil. Pas n’importe lequel : un fauteuil de cabinet de "psy".
Il a cette allure tranquille et un peu lasse des objets qui ont tout entendu. Il est gros, il est costaud, moelleux à souhait; peut-être un peu trop confortable, même. Il est immobile. Il ne bouge pas, mais il contient des secrets, des soubresauts, et parfois même des tempêtes.
Son tissu craque parfois, discret écho d’une respiration qu’on devine humaine. Il garde la chaleur des corps, la trace invisible des mains, l’empreinte des silences et des bruits. Dans ses replis, peut-être, dorment encore quelques larmes, quelques rires étouffés, des fragments de confidences qui n’appartiennent plus à personne, gardés comme des mystères incompris.
Les vitres, à côté, reflètent la lumière d’une journée banale. Dehors, le monde passe. Dedans, le temps s’étire, dans ce cocon sécure.
Le fauteuil, lui, reste.
Il est le témoin immobile de toutes les métamorphoses : les regards qui se détournent, les mots qui se cherchent, les voix qui tremblent avant de se trouver, les épuisements passagers. On aimerait parfois rester blotti dans ces gros bras, mais il arrive qu'on rêve de le fuir: le brasier qui brûle en dedans s'anime de trop à son contact chaleureux. Et c'est insupportable.
Il ne juge pas. Il attend.
C’est son métier, après tout : soutenir sans parler, parfois même retenir un corps exténué qui a besoin de mettre ses tripes dehors, parce qu’en dedans, ça fait beaucoup trop de chahut.
Accueillir sans prendre. Observer.
Et quand la porte se referme, il soupire un peu, comme s’il relâchait le poids d’une histoire de plus. Une parmi tant d’autres.
Toute rencontre avec ce fauteuil est possible par ici (promis c'est un petit nuage et il est très sympa) :
eon.therapie@gmail.com
07 82 63 83 17
www.eon-therapie.fr