14/04/2026
🤡 Chronique d’une Guérisseuse en Roue Libre
Les apparences sont parfois trompeuses. Et parfois carrément sous crack.
Aujourd’hui j’ai de la fièvre.
Donc au lieu de dormir, transpirer dignement et me taire comme une adulte responsable j’ai eu une idée.
Oui.
Parce que chez certaines personnes, la fièvre donne des courbatures.
Chez moi, elle ouvre un bureau de réflexion clandestin.
Avec secrétaire.
Avec néons.
Avec une réunion intérieure non déclarée.
Et la pensée du jour, la voici :
les apparences sont parfois trompeuses.
Surtout quand on parle des guérisseuses, des médiums, des sorcières, des femmes qui captent l’invisible sans avoir forcément l’air de sortir d’un catalogue
“Bohème & Chakras – collection automne sauge 2026”.
Parce qu’il faut qu’on en parle.
Du look officiel que les gens attendent.
Dans leur tête, une femme connectée, ça ressemble toujours à une m**f qui vit dans un panier en osier.
Tu vois le tableau :
👉 robe longue bohème qui traîne par terre et ramasse trois feuilles mortes, deux plumes et un petit traumatisme ancestral au passage
👉 palette de couleurs réglementaire : beige (le seul cliché que j'ai), sable, sauge, terracotta, vieux rose, brun mousse, blanc cassé, taupe en dépression
👉 gilet ample qui flotte comme s’il avait lui aussi un don
👉 47 bagues en argent, une grosse pierre dans le cou, une lune quelque part, un œil protecteur qui surveille la compote
👉 cheveux ondulés “naturels” mais miraculeusement propres
👉 pieds nus dans l’herbe à 6h42 sans jamais choper une mycose
👉 petite voix douce, débit lent, regard profond de femme qui a déjà pardonné à l’humanité entière avant le café
La m**f a l’air de sentir :
la sauge,
la tisane au thym,
le palo santo,
et l’acceptation.
Même quand elle pète, on a l’impression que ça bénit une rivière.
Bref.
Dans l’imaginaire collectif, la guérisseuse ressemble à un rideau en lin qui a développé des capacités psychiques.
Et puis après il y a la vraie vie.
Et dans la vraie vie, il y a toutes celles qui ont l’air de rien de ce qui était prévu.
Les m**fs en jogging.
Les tatouées.
Les nerveuses.
Les grandes gu**les.
Les femmes qui peuvent parler à l’invisible avec un vieux sweat, un café froid, une tête de décès administratif et un chignon qui tient par l’humiliation.
Et là, les gens bugguent.
Parce qu’ils regardent.
Et leur cerveau fait :
👁️👄👁️
“Attends, c’est elle la médium ?”
Oui Gérard.
C’est elle.
Elle a juste pas voulu se déguiser en abat-jour ésotérique pour que tu comprennes plus vite.
Parce que visiblement, il y a des gens qui pensent encore que pour être reliée, il faut avoir l’air d’un meuble sacré.
Comme si l’univers disait :
“bonjour, aujourd’hui nous distribuons les capacités extrasensorielles.
Alors jogging taché : non.
Tatouages visibles : non.
Gros mots : non.
Tête de chantier : non.
Par contre toi, robe sable et bracelet de cheville en quartz fraise, viens ma fille.”
MAIS FERMEZ-LA AVEC AMOUR.
Le cosmos n’est pas une boutique concept.
Il y a des femmes qui captent très loin avec un survêt Decathlon et une migraine de compétition.
Il y a des femmes qui nettoient des champs énergétiques alors qu’elles ont l’air d’avoir giflé la nuit entière.
Il y a des femmes qui voient des trucs que personne voit, tout en ressemblant extérieurement à quelqu’un qui a raté sa sieste depuis 2009.
Et ça n’annule rien.
Au contraire.
Parfois même, ça affine.
Parce que pendant que certaines jouent à être mystiques comme si elles auditionnaient pour “Danse avec les Archanges”, d’autres sont dans le vrai.
Le vrai qui transpire.
Le vrai qui jure.
Le vrai qui vit.
Le vrai qui boite un peu mais qui voit clair.
Et parlons du physique, parce que là aussi, on est sur un concept glissant.
Certaines se reconnaîtront.
Il y a des jours où t’as une tête de cadavre de morgue deluxe.
Mais vraiment.
Pas une petite mine.
Non.
Une vraie tête de :
“le corps a été retrouvé ce matin à 7h12 dans le couloir de sa propre fatigue.”
Le teint ?
Administration funéraire.
Le regard ?
Service indisponible.
La bouche ?
En grève reconductible.
Et puis d’un coup…
LE SOLEIL.
Et là BAM.
Réanimation astrale.
T’as rien demandé.
Tu passes de :
⚰️ “veuillez contacter la famille”
à
☀️ “bonjour je rayonne mystérieusement sans explication scientifique”
Comme si l’univers t’avait branchée avec des pinces de batterie sur Jupiter.
D’un coup les yeux brillent.
Le visage se réveille.
Les cheveux coopèrent.
La carcasse reprend un air de personne légalement vivante.
Et les gens qui t’ont vue la veille font :
👁️👄👁️
“mais… c’est pas la même…”
NON.
C’EST LE PACK.
IL Y A PLUSIEURS VERSIONS.
On n’est pas des yaourts nature.
On n’a pas une texture stable.
Il y a la version chantier.
La version bombe.
La version cadavre.
La version oracle.
La version “parlez-moi pas”.
La version “je suis sublime sans raison”.
La version “je vais te lire énergétiquement mais j’ai une chaussette Pokémon et une vieille odeur de Vicks”.
ET ALORS ?
Le problème, c’est que beaucoup confondent encore :
apparence spirituelle
et
profondeur réelle.
Comme si une femme devait avoir l’air douce pour être puissante.
Comme si elle devait avoir l’air rangée pour être reliée.
Comme si elle devait parler comme une infusion pour être crédible.
Mais non.
Il y a des femmes qui disent m***e et qui voient clair.
Il y a des femmes qui portent du noir, des tattoos, des cernes, une fatigue nucléaire et une fréquence monumentale.
Il y a des femmes qui n’ont pas la tête du fantasme spirituel, mais qui ont la colonne, le feu, la vision.
Et ça, évidemment, ça dérange.
Parce que c’est plus simple d’aimer une lumière décorative.
Une lumière polie.
Une lumière beige.
Une lumière qui ferme sa gu**le.
Une lumière qui sent la bougie vanille et le pardon digestif.
Mais la vraie lumière, parfois, elle arrive en jogging, elle a la fièvre, elle jure, elle te regarde droit dans l’âme et elle n’a absolument pas prévu de se transformer en centre de table automnal pour te rassurer.
Et peut-être que certaines vont se reconnaître là-dedans.
Celles qui n’ont jamais ressemblé à ce qu’on attendait.
Celles qu’on trouve “trop brutes”, “trop vraies”, “trop cash”, “pas assez douces”, “pas assez lumineuses”, “trop vivantes”, “pas assez couleur lin”.
Celles qui captent sans décor.
Celles qui voient sans costume.
Celles qui sont des bugs ambulants dans le PowerPoint mental des gens.
En vérité je le dis vous n’êtes pas mal foutues.
Vous êtes juste impossibles à ranger dans le rayon “petite sorcière feuillage et coton lavé”.
Et franchement ?
C’est excellent.
🎬 Conclusion
Les apparences sont parfois trompeuses.
La femme la plus connectée de la pièce n’a pas toujours une robe longue, une odeur de sauge et une tête de brochure spirituelle.
Parfois elle est en jogging.
Parfois elle a de la fièvre.
Parfois elle a l’air d’un décès administratif réanimé par le soleil.
Parfois elle ressemble à rien de ce qui rassure.
Et pourtant elle voit, elle sent, elle sait. elle traverse. elle tient debout.
Comme quoi, on peut très bien être un vieux gobelin cosmique à 9h du matin
et rester parfaitement branchée à l’essentiel.
Et ça, pardon, mais c’est quand même beaucoup plus drôle qu’une énième nappe en lin avec des bagues en labradorite.
✨ Mélanie – Althéa Énergie
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