27/12/2025
ALLERGIE – INTOLÉRANCE À L’HISTAMINE – NERFS SENSORIELS
Trois mécanismes distincts. Un même vécu corporel.
On confond encore trop souvent allergie et intolérance à l’histamine.
Et l’on oublie presque toujours un acteur central : le système nerveux sensoriel.
🔹 Dans l’allergie,
l’histamine n’est pas la cause, mais un médiateur.
Elle est libérée par les mastocytes en réponse à un allergène identifié, via des mécanismes immunologiques (souvent IgE).
→ symptômes rapides, reproductibles, parfois sévères.
🔹 Dans l’intolérance à l’histamine,
il n’y a pas de réaction immunologique spécifique.
Le problème est un déséquilibre entre la charge histaminique et la capacité de dégradation (DAO, HNMT, foie, microbiote).
→ symptômes diffus, retardés, fluctuants, multisystémiques.
🔹 Mais ce qui relie ces deux tableaux, ce qui explique la chronicisation, la perte de seuil, la dispersion des symptômes, c’est souvent l’activation du système nerveux sensoriel.
Les mastocytes dialoguent en permanence avec les fibres nerveuses.
L’histamine, la substance P, le CGRP entretiennent une inflammation neurogène, abaissent les seuils de perception et transforment un signal local en réaction corporelle globale.
➡️ Ce n’est pas “dans la tête”.
➡️ Ce n’est pas toujours visible dans les bilans.
➡️ Mais c’est parfaitement cohérent sur le plan neuro-immun.
Changement de paradigme thérapeutique
On ne soigne pas ces patients uniquement en bloquant l’histamine ou en multipliant les évictions.
L’enjeu devient :
1- la régulation,
2- la remontée des seuils de tolérance,
la prise en compte du neurosensoriel comme cible thérapeutique à part entière.
1- L’histamine cesse d’être un ennemi à combattre.
2- Elle devient un signal à comprendre et à moduler, dans un système vivant, plastique et adaptable.
Cette image résume ce basculement : de la libération locale à la réaction globale.
Dr Lucie Wetchoko Lucie