27/12/2025
On ne parle pas assez du couple, face au handicap.
Comme s’il devait tenir sans faillir.
Comme si aimer suffisait.
Chez nous, il n’y a pas eu une annonce, mais une succession de secousses.
Pendant des années, on a avancé sans savoir vraiment.
Sans diagnostic clair.
Sans nom à mettre sur ce que vivait notre enfant.
Ce n’est qu’à ses 13 ans, grâce à une analyse génétique, que la maladie de Kim a enfin été identifiée.
Et pendant tout ce temps, notre couple faisait comme il pouvait pour rester debout.
On n’a pas vécu cette épreuve de la même manière.
Moi, je me suis effondrée à l’intérieur.
Le sommeil en miettes, la vie de femme et la vie professionnelle mises entre parenthèses.
Je me suis éloignée du monde, du travail, des sorties, de la légèreté et de l’innocence.
J’étais mère avant tout.
Mon mari, lui, a traversé cette tempête autrement.
Les annonces ont été difficiles pour lui aussi, profondément.
Il les a vécues à sa manière, avec ses silences, ses peurs, sa façon d’encaisser.
Savoir que je prenais les choses en main le rassurait, sans effacer pour autant la douleur.
Le couple face au handicap, ce n’est pas juste “tenir”.
C’est voir l’intimité s’effriter.
C’est manquer de temps à deux, de disponibilité émotionnelle, d’énergie positive.
C’est moins de complicité, moins de gestes tendres, moins de câlins.
Ce n’est pas un manque d’amour.
C’est un épuisement profond.
Si notre couple a tenu, ce n’est pas par magie.
C’est parce qu’on s’est accrochés.
Parce que quand tout vacille — les certitudes, les projets, les équilibres —
le couple devient parfois la seule chose qui ne doit pas tomber.
Et il faut le dire :
aimer quand le handicap s’invite dans la famille est un combat en soi.
Un combat silencieux.
Invisible.
Mais essentiel .