13/02/2026
Mon parcours vers le yoga ne s’est pas construit en ligne droite. Il est le fruit de différentes traversées — artistiques, sensorielles, spirituelles — qui ont peu à peu dessiné une même direction : celle de la présence.
Avant de devenir enseignante, j’ai étudié à l’École des Beaux-Arts. Cette formation a profondément façonné mon regard. Elle m’a appris à observer les lignes, les volumes, les perspectives, les tensions et les équilibres. À contempler la lumière, la matière, le vide autant que la forme. Ce regard plastique ne m’a jamais quittée. Aujourd’hui encore, il irrigue ma manière d’enseigner : chaque posture est une architecture vivante, chaque corps une œuvre en mouvement, chaque alignement une composition sensible où le vide a autant d’importance que la forme.
C’est ensuite à travers le Kundalini Yoga que j’ai rencontré une dimension plus énergétique et vibratoire de la pratique. Le souffle, les kriyas, la répétition, la puissance du mantra ont ouvert en moi une expérience directe de la circulation intérieure. Cette approche m’a permis de ressentir le corps non seulement comme structure, mais comme champ d’énergie, traversé de flux, d’expansion et de résorption.
Parallèlement, la méditation assise silencieuse est devenue un pilier essentiel de mon chemin. S’asseoir, ne rien faire, écouter les fluctuations mentales, accueillir les sensations et les émotions sans intervenir — cette simplicité radicale a profondément orienté ma compréhension du yoga. J’y ai découvert que la posture est expérience avant d’être exercice, qu’elle vise un état plus qu’une performance, et que le passage du « faire » à « l’être » transforme le corps d’objet en sujet vivant.
Ces étapes ont naturellement trouvé un point de convergence dans la pratique posturale inspirée de l’enseignement de B. K. S. Iyengar. Sa rigueur, son intelligence de l’alignement et sa quête du silence à travers la précision ont profondément nourri mon approche.
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