11/03/2026
Dans une profession où l’on donne de son être , il suffit parfois d’un instant pour se retrouver seul face au jugement 😑
--------------------
Il est des moments où l’on découvre que la fragilité du soignant n’est pas dans ses gestes, mais dans le regard posé sur lui.
On court.
On court entre les sonnettes, les perfusions, les dossiers, les appels.
On court pour soulager, pour rassurer, pour réparer ce qui peut l’être.
Et dans cette course, on tient debout grâce à une chose simple :
la conviction de faire de son mieux.
Elle faisait de son mieux.
Consciencieuse.
Présente.
Attentive aux patients comme on l’est rarement quand on ne porte pas vraiment le poids des autres.
Mais un jour, dans le tumulte des couloirs et la pression des minutes qui s’échappent, l’erreur s’est glissée.
Une erreur d’identitovigilance.
Une erreur sans conséquence grave.
Une erreur rattrapée par la réalité des faits.
Et pourtant…
Il suffit parfois d’une fissure pour que tout l’édifice tremble.
Alors les regards se refroidissent.
Les mots se durcissent.
Les silences deviennent lourds.
On ne parle plus de la soignante qu’elle est depuis des années.
On ne parle plus des patients qu’elle a accompagnés, rassurés, relevés.
On ne voit plus que la faute.
Comme si une seule tache pouvait effacer toute une toile.
Et la voilà réduite.
Non pas par la gravité de l’erreur,
mais par le regard perçant qui la traverse.
Car l’hôpital sait pardonner à la machine qui tombe en panne.
Mais il pardonne rarement à l’humain qui se trompe.
Alors elle doute.
Elle doute de ses mains.
Elle doute de ses décisions.
Elle doute même de la place qu’elle occupe dans ce monde de soins.
Et pourtant, ceux qui connaissent vraiment ce métier savent.
Nous savons tous.
Que dans ces couloirs où l’on exige la perfection,
nous marchons chaque jour sur une ligne fine.
Une ligne entre l’attention et l’épuisement.
Entre la vigilance et la saturation.
Entre l’humain et l’impossible.
Et ce jour-là, ce n’est pas seulement une erreur qui s’est produite.
C’est une soignante qui a vacillé,
alors même qu’elle se donnait entièrement au chevet d’une patiente souffrante.
Et dans ce vacillement, ceux qui connaissent ce métier devraient se souvenir d’une chose simple :
Nous ne sommes pas des machines.
Nous sommes des humains qui portent la souffrance des autres chaque jour.
Alors à toi, collègue,
à toi qui doutes aujourd’hui,
sache que beaucoup d’entre nous savent ce que tu ressens.
Et que derrière cette erreur,
nous voyons encore l’infirmière que tu es.