04/04/2026
Quand un parcours de soins se transforme en parcours du combattant !
Pour ceux qui doutent encore que le parcours de soins d’un patient ayant un cancer peut être amélioré, je vais vous conter les mésaventures d’un patient que j’ai croisé jeudi.
Ce monsieur a plus de 70ans. Il a déjà eu un AVC il y a 3 ans dont il garde des séquelles pour marcher, et il suit actuellement une cure d’immunothérapie en vue de traiter un cancer de la vessie. La particularité de son parcours de soins implique une prise en charge régulière par Evasan car il habite une île isolée des Tuamotu ayant seulement 3 vols par semaine.
Comme d’habitude, il quitte donc son île le Dimanche pour rejoindre Tahiti, puis il se rend au laboratoire le lundi, et enfin il consulte un oncologue le mardi qui lui valide son traitement. L’injection est donc planifiée le mardi ou le mercredi suivant les disponibilités. Comme il n’y a pas d’autre vol pour rentrer, il doit attendre jusqu’au Vendredi pour prendre son vol de retour.
Déjà à ce niveau, on imagine bien la difficulté d’être soigné convenablement lorsqu’on habite dans les îles, mais cette fois-ci les choses se compliquent car cela ne se passe pas comme d’habitude….
Juste avant de partir, il apprend par le dispensaire de son île que la CPS ne pourra pas le loger dans l’hôtel habituel car il est en cours de rénovation, et aucune autre solution de logement ne leur est proposée ! 😡
Ce couple de retraités se retrouve donc livré à lui même pour trouver un logement sur Tahiti. Leur petite retraite ne le permettant pas, il est est impossible d’envisager de payer une chambre d’hôtel durant plusieurs jours. De plus, ils ne connaissent personne sur Tahiti ! Un instant ils envisagent de ne pas venir et de renoncer au traitement, puis il pense à appeler un vieux copain, habitant sur son bateau au mouillage à Arue. Là, la solidarité des gens de la mer se met en place, et son vieux copain lui trouve un voilier au ponton qui pourra leur servir de logement pour la semaine.
Le stress redescend enfin, et ils décident tous les deux de prendre l’avion pour pouvoir suivre le traitement.
Tout est bien qui finit bien. Ils sont rentrés tous les deux sur leur ile vendredi après une dernière péripétie, un gros re**rd d’avion et une longue attente à l’aéroport !
Que penser de cette histoire ? Qu’a fait la CPS ? Qui a failli dans l’organisation de leur prise en charge ?
Certes, de nombreuses associations œuvrent pour faciliter les prises en charge des patients en Evasan, mais encore faut-il qu’ils aient connaissance d’un besoin ou que l’on puisse les joindre.
C’est peut être le moment pour la CPS de mettre en place une permanence téléphonique 7/7 et qu’elle nous communique ce numéro dès le début de nos prises en charge. Une sorte de super « concierge » capable de trouver rapidement des solutions quand les patients en état d’urgence en ont besoin !
C’est un peu ce qu’ils font à Paris. Lorsque j’ai été évasané, on m’avait donné toute une liste de numéros de téléphone utiles. La coordinatrice de le CPS de Paris m’avait même appelé pour que je puisse la joindre si nécessaire. Pourquoi ne fait-on pas la même chose à Tahiti ?