07/02/2026
— Je ne pardonnerai jamais —
Chers amis, chers patients…
Chères défuntes…
Il est des douleurs que l’on ne raconte pas : on les porte.
Notre vie n’est qu’une succession de chapitres ; dès que l’un s’achève, l’autre ne fait que débuter.
Quand la mort vous vole deux âmes en l’espace de deux jours, c’est être bousculé comme des dés dans un gobelet, livré sans défense aux secousses aveugles du destin. La mort, dans sa solennité implacable, ouvre les yeux des vivants ; elle dépouille les illusions, fracture les certitudes et force l’homme à regarder l’essentiel sans détour, parfois dénué de toute pitié.
Cela m’a appris que l’on n’a point tort de faire une bonne action, même lorsque celle-ci se perd dans l’ingratitude et le silence. J’ai compris que le savoir n’est pas la sagesse, et que donner un conseil est infiniment plus aisé que prendre une décision lorsque l’âme vacille.
J’ai également découvert que le monde est peuplé de visages d’ange dissimulant l’âme d’un démon : certains sont des êtres impitoyables, d’autres seulement aveugles.
J’ai pourtant persisté à laisser aux êtres humains la chance de se montrer dignes, car le noble cœur vaut mieux que tous les titres de la noblesse — une dignité que les animaux, parfois, incarnent mieux encore.
J’ai certes parfois marché maladroitement, tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, brisant sans le vouloir, mais j’ai marché droit, fidèle à moi-même.
Car seules les personnes stupides avancent la tête basse ; l’homme conscient relève le regard, même lorsque le poids est immense et que l’ingratitude humaine se révèle dévastatrice.
Et une question, désormais, ne me quitte plus :
À quoi servirait la vie si l’on refusait de la laisser nous transformer ?
Aujourd’hui, je poursuis la route avec mes absents : l’une logé dans le silence du cœur, l’autre dans l’inextinguible chaleur de la punition divine.
Je n’ai pas écrit ces mots sans raison. Une bonne nouvelle, d’ordre professionnel, est sur le point de s’accomplir dans les jours à venir. J’en partagerai le rendez-vous à travers une émission annoncée sur cette page.
Enfin, je tiens à exprimer ma gratitude profonde envers tous ceux qui m’ont soutenu par un appel, un message ou une pensée sincère, même lorsque la douleur ne m’a pas toujours permis d’y répondre comme il se devait.
À ceux qui m’ont blessé, qu’ils ne nourrissent ni l’espoir d’une absolution ni l’illusion de l’oubli : le pardon ne leur a point été consenti, et il ne le sera point.
Merci.