27/12/2025
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Son film, "le chant des forêts", est encore plus réussi que "la Panthère des neiges", car il n'a pas besoin de beaucoup de mots, Vincent Munier, pour partager ce qu'il vit depuis l'âge de douze ans (il en a quarante neuf): l'affût, des heures, des nuits durant, pour photographier un chevreuil, une grue, une panthère ou un combat de cerfs, pour traquer la rareté de la beauté.
"Le Chant des forêts" ressemble à un journal en images et en sons. Entouré de son père qui a toujours guetté l'oiseau le grand tétras dans les Vosges (oiseau aujourd'hui disparu de cette région) et de son fils Simon, tout est question de contemplation et de transmission.
Les aînés révèlent à l'adolescent une nature ignorée, par le regard et l'expérience. Simon ouvre de grands yeux, découvre et accepte d'être observateur, guetteur, avant de chanter le soir d'une voix splendide, Zaho de Sagazan : "Il fait toujours beau au-dessus des nuages, mais moi, si j'étais un oiseau, j'irais danser sous l'orage, je traverserais les nuages comme le fait la lumière, j'écouterais sous la pluie la symphonie des éclairs".
Les scènes témoignent de ce que nous ne voyons guère: des paysages vosgiens et norvégiens à l'aube, quand la brume propose un spectacle époustouflant ou quand la nuit tombe, faune et flore parlent une langue étrangère. Le silence n'existe pas.
Grâce à Munier et à son équipe, nous sommes, avec cette présence familiale masculine, au premier plan du surgissement animalier dans une nature a priori intacte. Mais pour combien de temps ?
Le cinéaste, longtemps photographe animalier, ne dit rien d'autre que l'urgence de protéger la planète, de préserver la nature et de transmettre aux enfants le beau, sans morale ni sermon. Il dit aussi, en creux, mon père, tu vas bientôt mourir, je te filme pour me souvenir et pour te remercier.
On comprend que le chant des forêts qui parfois emprunte à la calligraphie japonaise et à la poésie de Christian Bobin soit un succès.