14/03/2026
LE SEMINAIRE PORTANT SUR LA COOPERATION SANITAIRE ORGANISÉ CE JEUDI 12 MARS 2026 à la Résidence de l'Ambassadeur de Belgique à LUXEMBOURG a réuni les Ministres de la santé du Grand Duché de Luxembourg, Madame Martine Deprez et de Wallonie, le Dr Yves Coppieters, les plus hautes autorités sanitaires et de l'accès aux soins transfrontaliers.
Durant ce séminaire, les opérateurs du projet Interreg Waluxsanté et Remocosan ont formulé des propositions concrètes de déclinaison de l'accord-cadre belgo-luxembourgeois signé le 29 mars 2023 pour permettre aux patients résidents dans les espaces frontaliers de se soigner de part et d'autre de la frontière dans les établissements de soins qui y sont implantés, sans obstacle juridique, administratif ni financier.
Les Directeurs généraux des hôpitaux de Vivalia, M. Pascal Mertens, du CHdN, le Dr Paul Wirtgen et du CHEM, le Dr René Metz ont échangé sur les perspectives de collaboration entre leurs structures de soins pour apporter une réponse adaptée aux besoins des patients des espaces frontaliers, à proximité de leur lieu de vie.
Les responsables des formations infirmières au GDL, Mme Marie Friedel d'UNILU et en Province de Luxembourg, M César Meuris, responsable du centre de recherche et de formation continue à la HERS ont exprimé la nécessité de développer des outils innovants pour rendre plus attractives les professions de santé car, comme l'a évoqué, Madame Pascale Adam, Présidente du SISD Luxembourg, les services de soins à domicile mais aussi les structures hospitalières, sont confrontées, surtout depuis la crise pandémique, à des problèmes importants de pénurie de professionnels de santé pour répondre aux besoins des patients. Cette tendance s'accentue d'année en année suite au vieillissement démographique.
Vous trouverez ci-dessous et, en attaché, l'article de M. Matthieu Defrance paru dans le journal "La Meuse Luxembourg" ce 14 mars sur ce séminaire.
14/03/2026
SOINS DE SANTÉ
La Province et le Grand-Duché veulent intensifier la coopération entre hôpitaux
MATTHIEU DEFRANCE
Le Ministre wallon de la santé Yves Coppieters a fait le déplacement jusqu’à l’ambassade de Belgique au Grand-Duché. Une rencontre y était organisée avec son homologue luxembourgeoise, Martine Deprez, et les acteurs clés de la Santé des deux côtés de la frontière.
Les directeurs généraux des hôpitaux du Grand-Duché et de la province étaient aussi présents pour avancer sur de nouvelles pistes de collaboration. « Nous aimerions que ces hôpitaux collaborent pour qu’il y ait demain une possibilité qui soit offerte aux patients de se faire soigner dans tous les domaines à proximité de leur lieu de vie ! », voilà l’objectif final pour Henri Lewalle, qui coordonne ces projets de collaboration médicale transfrontalière via le programme européen Interreg.
Élargir aux travailleurs non-frontaliers
Concrètement, celui qui n’est pas travailleur frontalier doit encore demander une autorisation médicale auprès de son organisme d’assurance-maladie pour être remboursé des soins de l’autre côté de la frontière. Parce qu’il est plus proche et qu’il n’y a pas d’équipement similaire sur son territoire. « Nous avons créé un accord-cadre de coopération sanitaire entre la Belgique et le Luxembourg. C’est un socle juridique qui permet de décliner ce texte en conventions qui permettront aux citoyens d’améliorer l’accessibilité aux soins de proximité », détaille Henri Lewalle. Un accord-cadre, initié en 2023, qui doit encore être ratifié par les parlements belges et luxembourgeois.
Celui-ci pourrait générer des conventions qui garantiraient, par exemple, pour les 300.000 frontaliers concernés d’accéder plus facilement à un caisson hyperbare qui se trouve au CHEM d’Esch-sur-Alzette, en cas d’intoxication au monoxyde de carbone. « Dans l’espace frontalier, on veut aussi travailler aux soins de proximité plus habituels dans ce contexte particulier de refondation des structures hospitalières au Luxembourg et en province de Luxembourg », ajoute encore Henri Lewalle.
Une avancée pour les soins à domicile
« Le secteur des soins à domicile est touché par la pénurie de personnels soignants. Pour mon association qui compte 180 infirmiers, nous sommes constamment en manque de six postes, et ce manque monte à 13 postes en cas d’absentéisme », signale Pascale Adam, directrice générale de l’Aide et Soins à Domicile en province de Luxembourg. Une pénurie qui entraîne une surcharge de travail qui, à son tour, provoque de l’absentéisme. « Il y a quand même une avancée pour les actes infirmiers à domicile, un projet vient de commencer pour les deux prochaines années, il nous permet de tarifer les soins selon le temps passé auprès du patient, c’est vraiment une révolution », ajoute-t-elle aussi.
Interrogé au sujet de l’attractivité des métiers de la santé en Wallonie, le ministre Yves Coppieters nous répond : « Nous sommes tout à fait conscients de la différence avec le Luxembourg. Nos opérateurs de la province de Luxembourg nous en parlent très souvent. On doit travailler sur un plan global d’attractivité des métiers. Pour les jeunes qui doivent entrer en formation et surtout pour que les professionnels restent dans leurs emplois. La revalorisation salariale, malheureusement on ne peut pas la faire en claquant des doigts. On peut réfléchir aux conditions de travail, revoir les normes d’encadrement et diminuer la charge de certains prestataires, diminuer aussi la charge administrative. On veut redonner du sens au métier. »◼
L’intervention de Vivalia
Les directeurs généraux de trois hôpitaux étaient là.
Pascal Mertens, directeur général de Vivalia, est intervenu au côté de René Metz et Paul Wirtgen, du CHEM et du CHdN, pour le Luxembourg. « Il y a toujours eu beaucoup de concurrence entre institutions. Pour le versant belge, cela s’est notamment traduit par des transferts de personnel. Cela a laissé des traces mais l’avenir est à la collaboration », explique Pascal Mertens, convaincu qu’une collaboration entre acteurs plus importants facilitera les choses, alors que les premières commandes pour le début du chantier de l’hôpital Cœur du Luxembourg viennent d’être passées. ◼