Section Clinique de Bruxelles

Section Clinique de Bruxelles Faire connaître l'enseignement de la psychanalyse lacanienne en Belgique On n’en sort pas. (1)Du grec mathema, ce qui s’apprend.

Prologue de Guitrancourt
12 déc, 2010 par Jacques-Alain Miller

Nulle part au monde il n’y a de diplôme de psychanalyste. Et non pas par hasard, ou par inadvertance, mais pour des raisons qui tiennent à l’essence de ce qu’est la psychanalyse. On ne voit pas ce que serait l’épreuve de capacité qui déciderait du psychanalyste, alors que l’exercice de la psychanalyse est d’ordre privé, réservé à la confidence que fait le patient à un analyste du plus intime de sa cogitation. Admettons que l’analyse y réponde par une opération, qui est l’interprétation, et qui porte sur ce que l’on appelle l’inconscient. Cette opération ne pourrait-elle faire lamatière de l’épreuve?
– d’autant que l’interprétation n’est pas l’apanage de la psychanalyse, que toute critique des textes, des documents, des inscriptions, l’emploie aussi bien.Mais l’inconscient freudien n’est constitué que dans la relation de parole que j’ai dite, ne peut être homologué en dehors d’elle, et l’interprétation psychanalytique n’est pas probante en elle-même,mais par les effets, imprévisibles, qu’elle suscite chez celui qui la reçoit, et dans le cadre de cette relation même. Il en résulte que c’est l’analysant qui, seul, devrait être reçu pour attester la capacité de l’analyste, si son témoignage n’était faussé par l’effet de transfert, qui s’installe aisément d’emblée. Cela fait déjà voir que le seul témoignage recevable, le seul à donner quelque assurance concernant le travail qui s’est fait, serait celui d’un analysant après transfert, mais qui voudrait encore servir la cause de la psychanalyse. Ce que je désigne là comme le témoignage de l’analysant est le nucleus de l’enseignement de la psychanalyse, pour autant que celui-ci réponde à la question de savoir ce qui peut se transmettre au public d’une expérience essentiellement privée. Ce témoignage, Jacques Lacan l’a établi, sous le nom de la passe (1967) ; à cet enseignement, il a donné son idéal, lemathème(1) (1974). De l’une à l’autre, il y a toute une gradation: le témoignage de la passe, encore tout grevé de la particularité du sujet, est confiné à un cercle restreint, interne au groupe analytique ; l’enseignement du mathème, qui doit être démonstratif, est pour tous – et c’est là que la psychanalyse rencontre l’Université. L’expérience se poursuit en France depuis quatorze ans ; elle s’est fait déjà connaître en Belgique par le Champ freudien; elle prendra dès janvier prochain la forme de la « Section Clinique ». Il me faut dire clairement ce que cet enseignement est, et ce qu’il n’est pas. Il est universitaire ; il est systématique et gradué; il est dispensé par des responsables qualifiés ; il est sanctionné par des diplômes.

Samedi prochain à 13h, nous repartirons de la phase de méchanceté du petit Sergueï Pankejeff pour continuer à explorer l...
03/03/2026

Samedi prochain à 13h, nous repartirons de la phase de méchanceté du petit Sergueï Pankejeff pour continuer à explorer les affinités du cas de l'Homme aux loups avec les autres structures diagnostiques : de l'impossible norme freudienne à deux formules milleriennes sur-mesure.

Hélène Coppens

Cours 1 donné par Nathalie Crame, ce samedi 7 février à la Section clinique de Bruxelles.A la Maison des Associations In...
02/03/2026

Cours 1 donné par Nathalie Crame, ce samedi 7 février à la Section clinique de Bruxelles.
A la Maison des Associations Internationales à 9 h!

En donnant la parole aux hystériques, Freud leur a permis d’ôter leur « bâillon infernal» et a inauguré « un mode entièrement nouveau de la relation humaine[1] nous dit Lacan . Ce sera donc la première des cinq psychanalyses de Freud, le cas Dora qui sera mis à l’étude lors du prochain cours de la section clinique. Il se centrera sur la façon dont Lacan, dans son premier enseignement rend compte, à partir de la fameuse scène du lac, de la nécessité pour l’hystérique de faire l’homme face au « mystère de sa propre féminité corporelle »[2] . Ce cas nous dit-il « est d’une richesse telle qu’on peut encore y faire des découvertes, et ce rappel rapide ne peut en aucune façon en remplacer la lecture attentive. »[3]

[1] Lacan J., « Propos sur l’hystérie », texte établi par J.-A. Miller, Quarto, n° 90, juin 2007, p. 8.
[2] Lacan J., « Intervention sur le transfert », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 220.
[3] Lacan J., Le Séminaire, livre IV, La relation d’objet, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1994, p. 137

Cours 2 de ce samedi 7 février à la MAI.Voici ce que Bruno de Halleux va développer :"Qu’est-ce que l’atopia de Socrates...
02/03/2026

Cours 2 de ce samedi 7 février à la MAI.
Voici ce que Bruno de Halleux va développer :

"Qu’est-ce que l’atopia de Socrates ?

« Atopos, (c’est) un cas inclassable, insituable. Atopia, on ne peut le fo**re nulle part. Voilà ce dont il s’agit. Voilà ce dont le discours de ses contemporains bruissait concernant Socrate. »

A samedi!

Aux participants du séminaire de lecture à BruxellesProchaine séance le vendredi 06/03/2026 à 18h45 au local de l'ACF-B....
02/03/2026

Aux participants du séminaire de lecture à Bruxelles

Prochaine séance le vendredi 06/03/2026 à 18h45 au local de l'ACF-B.

Pour cette séance, nous poursuivrons la lecture du texte de Jacques-Alain Miller « Enseignements de la présentation de malades ».
Paragraphes commentés : page 22, dès le paragraphe « La population des présentations n’est pas faite, on s’en doute, de grands délirants ; … » et jusqu’à la fin du texte.
Nous discuterons également le texte de Claude Léger « Éloge de la présentation de malades – Un dispositif adéquat ».



Bibliographie :

Léger Claude, « Éloge de la présentation de malades – Un dispositif adéquat », in Le conciliabule d’Angers – Effets de surprise dans les psychoses, p. 23 – p. 32, Agalma, 1997.

Miller Jacques-Alain, « Enseignements de la présentation de malades » Ornicar ? n° 10, juillet 1977.

Alba Cifuentez Suarez et Phénicia Leroy

Pour Lacan « la phobie est un symptôme, une réponse à la rencontre traumatique que fait l’enfant, et Lacan précise, sans...
24/02/2026

Pour Lacan « la phobie est un symptôme, une réponse à la rencontre traumatique que fait l’enfant, et Lacan précise, sans pouvoir avoir recours au père réel qui est carrent. … La nouveauté du Séminaire IV est d’introduire au cœur de la relation d’objet jusque là duelle, l’objet qui joue sa partie avec la castration, le phallus. … La mère est une femme qui cherche dans l’enfant la réponse à son manque phallique. Lacan rapprochera ce désir maternel à un appétit inassouvi ; il fait donc d’elle une figure dévorante. »
Nathalie Crame met en exergue le thème de la dévoration, qui se trouve toujours dans la structure de la phobie. Un chiasme est à situer dans la dialectique de la frustration – vrai centre de la relation mère-enfant selon Lacan. La frustration se joue entre amour et jouissance. La mère symbolique avec l’objet réel passe à la mère réel avec l’objet symbolique ; d’objet de satisfaction – objet réel, il devient don d’amour – objet symbolique. L’objet devenu symbolique dépend alors de la puissance maternelle. Un embranchement vers la paranoïa est possible, d’être face à une mère réelle toute-puissante, « l’enfant est alors placé devant cette ouverture d’être le captif, la victime, l’élément passivé d’un jeu où il devient la proie des significations de l’Autre » (Lacan, 1994, p.227).
L’affaire de dévoration, d’abord imaginaire, va devenir une élaboration signifiante avec la phobie. Le premier habillement de la phobie sera associé au thème de la dévoration ; c’est le cheval qui mord dans le cas du Petit Hans. Lacan fait de la morsure un élément déterminant dans la phobie, il l’écrit par un mathème : le petit m, qui prend de nombreuses déclinaisons dans le cas du petit Hans. Nathalie Crame souligne que Lacan fait ainsi de la morsure un signifiant en soi, c’est que les mots eux-mêmes deviennent le support de cette dévoration.
« La thèse que soutient Lacan dans ce séminaire, dit Miller, c’est que le problème de l’obscurité de la jouissance de la mère comme femme et de la jouissance phallique n’est pas soluble sous le règne de la mère. L’impasse que rencontre Hans avec sa mère requiert l’introduction d‘un signifiant supplémentaire. C’est, selon Lacan, le père qui est appelé à incarner ce signifiant, il doit arriver en quatrième élément dans le ternaire que forme l’enfant, la mère et le phallus imaginaire. Faute que ce soit le père comme signifiant, Hans s’empare du signifiant ‘cheval’. Il se fraye ainsi un issue face au réel qui se présente à lui, d’abord avec le symptôme de la phobie (morsure du cheval) puis par ses constructions fantasmatiques. »

Écho proposé par Dorothée Cols participante à la Section Clinique de Bruxelles,
relu par Nathalie Crame.

Références :
Lacan, J. Le Séminaire Livre IV, La relation d’objet. Éditions du Seuil, mars 1994.
Miller, J-A., Donc. Leçons du 2 et 16 mars 1994. Ce cours est disponible sur internet.

"Diagnostic et structure chez Lacan" Troisième conférence de la Section Clinique de Bruxelles donnée par Lilia MahjoubLe...
24/02/2026

"Diagnostic et structure chez Lacan"
Troisième conférence de la Section Clinique de Bruxelles donnée par Lilia Mahjoub
Le 7 mars 2026 à 15H à la Maison des Associations Internationales!

Lacan a mis en évidence, dans la continuité de la découverte freudienne, que les conditions d’“être parlant” ne supposen...
21/02/2026

Lacan a mis en évidence, dans la continuité de la découverte freudienne, que les conditions d’“être parlant” ne supposent pas seulement la prééminence du langage et de ses articulations mais ont aussi comme conséquence, l’émergence d’une satisfaction étrange, contradictoire en elle-même, inconnue de la nature, n’ayant rien à voir avec la satisfaction des besoins de l’organisme en tant que cause ou motivation de sa conduite. Après Freud et Lacan, il est apparu que cette immersion dans le langage, la culture, la “civilisation”(pour citer Freud) n’entraîne pas seulement l’existence de la pensée, de la logique, du savoir de la science mais entraîne aussi un mode d’éprouvé, de sentir, de se satisfaire, de “vouloir” que Freud a appelé “libido” et que Lacan appellera “désir” et plus t**d “jouissance”.
Cette libido, conséquence du signifiant, n’est pas régulée par un schéma instinctif, programmé par la biologie mais va devoir trouver une forme de régulation dans la condition même qui le provoque, à savoir, dans le signifiant. Cette régulation est celle qui s’effectue par une connexion, par la jonction entre signifiant et libido au niveau d’un signifiant spécial, le “phallus”. […] Cette connexion grand Phi a pour conséquence que d’une part, la jouissance est négativée et que d’autre part, du côté du signifiant, il y a du vivant qui est le désir. Il arrive que ce raccord Phi ne soit pas opérant et que le sujet soit confronté à la disjonction entre ces deux dimensions de l’être (signifiant et libido). Le sujet peut alors être confronté aux deux dimensions mais d’une manière disjointe ; du côté du signifiant, c’est mort, pas de vivant, vide de désir et sur le versant de la libido, le sujet a affaire à une jouissance invasive, contre laquelle il doit trouver des mesures d’effacement ou de défense. Il peut également avoir affaire aux deux à la fois mais disjoints. A. Zenoni a étayé cette déclinaison de défauts de connexion par différentes vignettes cliniques très éloquentes.
La dissociation des deux dimensions peut ne pas donner lieu à l’élaboration d’une connexion alternative, à une élaboration délirante. C’est-à-dire qu’elle peut être vécue sur ces deux versants dissociés sans entraîner le déclenchement d’une psychose. En l’absence d’une circonstance déclenchante qui sollicite cette connexion, le sujet peut vivre dans la vie quotidienne, dans une perplexité fondamentale qui est compensée par des identifications.
Troisième possibilité, le sujet se met dans la condition de subir l’élaboration d’une connexion alternative à celle de grand Phi entre les deux versants, c’est-à-dire d’élaborer ce que Freud a appelé une “tentative de guérison”, comme dans le cas du Président Schreber; tentative de guérison alternative chez Schreber, largement déployée par A. Zenoni lors de ce dernier cours.
Lacan développe en quelque sorte, en trois temps cette connexion qui n’est pas inscrite dans la nature, dans la biologie et qui est plus ou moins (ou pas) transmise dans le bain de langage dans lequel l’individu vient au monde.
*D’abord, le temps de la connexion phallique : Le grand Phi qui est évoqué dans “La question préliminaire”, comme ce qui fait défaut à Schreber. En même temps qu’il évoque une connexion alternative, de suppléance, dans une interprétation non phallique de cette connexion signifiant/jouissance qui finit par revivifier Schreber. Ce dernier guérit finalement de ce premier temps de mort qu’il a connu dans sa crise.
*Deuxième temps : Où les choses sont plus compliquées et plus articulables au niveau de la thérapeutique. Celui de l’introduction de “l’objet a” isolé comme une chute de la libido qui, n’étant pas extrait, comme dit Lacan dans la Note, fait retour dans le réel mais qui, du fait même peut, par des créations artistiques, le choix d’une profession…, constituer une connexion de la libido et du signifiant qui ne soit pas incompatible avec l’insertion dans le discours. C’est dans ce cadre qu’A. Zenoni évoquait la situation paradigmatique de Martin qui tente de localiser l’objet “voix” avec la production d’un sonogramme, et ce, d’une façon qui soit compatible avec le lien social, le semblant. Ce sonogramme constitue pour Martin une néolocalisation de l’objet qui opère une forme de connexion entre libido et signifiant, qui supplée à celle qui n’est pas opérante et peut se raccorder au discours.
*Troisième temps : celui du nœud borroméen comme tentative de connexion de la libido au signifiant. Lacan conçoit les trois registres de l’Imaginaire, du Symbolique et du Réel noués à trois (mais dénoués si on les appréhende deux à deux). Il précise finalement que ce nœud borroméen n’a lieu pour personne. Tout le monde a besoin d’un quatrième rond de ficelle que Lacan appelle “sinthome” et qui peut connecter l’Imaginaire, le Symbolique et le Réel de la libido, permettant une insertion dans le discours.

Epinglage effectué par Sophie Boucquey, participante à la Section clinique de Bruxelles, avec la contribution d’Alfredo Zenoni.

Valérie Lorette propose un fil subversif pour poursuivre ce cours : si le cas de L’Homme aux Loups est indiscutablement ...
19/02/2026

Valérie Lorette propose un fil subversif pour poursuivre ce cours : si le cas de L’Homme aux Loups est indiscutablement une psychose, elle propose cependant de suivre le cheminement de Freud qui dresse avec ce texte une véritable théorie du refoulement
Freud justifie le refoulement du cas de l’homme aux loups à partir du rêve. Il distingue 3 temps dans le rêve : Le désir du rêve (satisfaction sexuelle), la compréhension de la castration qui s’accompagne d’un risque de perte de bout de corps et l’angoisse de castration. A propos de la castration, JAM en distingue trois : sur le plan imaginaire, on peut la repérer dans les menaces de la Nania : « On va te la couper si tu continues ». Sur un plan réel elle se manifeste par l’hallucination du doigt coupé et s’accompagne d’une angoisse massive. Enfin, la castration symbolique comme « l’assomption de la castration », c’est celle qui n’a pas lieu dans le cas de L’Homme aux Loups.
L’homme aux loups ne peut rien dire de son rêve, si ce n’est sur un mode descriptif. C’est Freud qui lui interprète son rêve, lui donnant pour valeur la représentation de la scène primitive. Dans ce rêve, comme dans l’hallucination du doigt coupé, « le sujet est absent de l’interprétation » dit Lacan. C’est l’angoisse massive qui prédomine. Cela constitue une différence notable avec les rêves du petit Hans dont les fantasmes et fantaisies sont des élaborations signifiantes, résolutives, pacifiantes, allant du côté d’une solution tempérant l’angoisse.
Valérie Lorette nous explique que chez l’homme aux loups, la satisfaction (liée au temps 1), se transforme en angoisse, non sans la menace touchant à l’intégrité du corps. Cette menace est à prendre au sérieux. En effet, d’une possibilité de la castration,« un cause toujours », elle devient « réelle » par ce rêve. C’est ce qui provoque l’angoisse.
Pour Freud, l’opérateur de ce changement est une image. Celle de la scène primitive. C’est pourquoi il tient à la reconstituer. Pour Lacan, l’image de la scène primitive est un signifiant et c’est précisément ce signifiant qui est opérateur. Ce signifiant, c’est le signifiant de la castration. La castration est ce qui transforme la satisfaction en angoisse. L’opérateur dans le premier temps de l’enseignement de Lacan, c’est le père, le père symbolique mais ensuite, c’est le langage lui-même qui est en place d’agent de la castration.
Dans le cas de L’homme aux loups, nous indique VL, « le refoulement opère en tant que protestation narcissique virile . C’est-à-dire que c’est pour protéger l’intégrité du corps qu’il y a refoulement ». Ainsi, nous attrapons que l’incidence du signifiant sur le vivant du corps concerne chaque être parlant. La « forclusion » de la castration, c’est ce qui se passe quand le sujet n’a pas consenti à l’opération du langage sur le vivant. Lorsque la bejahung, ce consentement fondamental à l’opération du langage, n’a pas opéré. La réalité de la castration « wirklichkheit der Kastration » comme la nomme Freud, prend les allures d’une conviction de la castration dans la psychose. Il s’agit d’une réellisation de la castration. Enfin, l’assomption de la castration atteste du réglage symbolique avec une issue pacificatrice, comme cela se joue pour le petit Hans.
Au moment de la formalisation du cas de l’Homme aux loups, Freud pense que l’angoisse de castration témoigne de la reconnaissance de celle-ci. Il revient plus t**d sur cette hypothèse en soutenant que l’angoisse de castration est moteur du refoulement et non une conséquence de ce dernier. En outre, refoulement et forclusion sont deux modes de négations : l’un soutenant la contradiction de deux éléments, leur permettant de coexister ; l’autre la rejetant. Cela témoigne du travail que l’inconscient effectue : nier ce qui a été reconnu. JAM indique que « ce qui apparaît propre à l’inconscient, c’est le refoulement ». La Verwerfung, qui n’admet pas la castration, apparaît comme « un stade » dans l’histoire du refoulement dans le cas de l’Homme aux loups. Cependant, il resterait actif et maintiendrait le rejet de la conviction de la castration.
Par ailleurs, ces deux modes de négation portent sur des instances différentes. Lacan note que le refoulement porte sur la libido, la jouissance et les objets libidinaux. Ce qui est refoulé c’est le « représentant » pulsionnel. La forclusion quant à elle, porte sur le savoir et sur les signifiants. En effet, ce qui est forclos c’est le nom du père, le S1, signifiant maître. Cependant, tout ne se significantise pas. Il reste un «quantum d’affect » que l’on peut loger du côté de l’objet a. Pour refouler un représentant de la pulsion, Freud indique que le moi retire son investissement et libère du déplaisir et ce déplaisir, dit JAM, c’est l’angoisse. Dès lors, l’angoisse comme « symptôme » est le signe et substitut d’une jouissance pulsionnelle non-advenue. Par conséquent, la pulsion continue à se satisfaire sous la forme du déplaisir. Le refoulement et le retour du refoulé se lisent « de manière double » nous explique Valérie Lorette. D’une part sur le versant du signifiant comme un message qui s’articule et d’autre part sur le versant de la jouissance. Le refoulement est corrélatif d’un processus qui concerne « la pulsion » c’est-à-dire une exigence de satisfaction, ce que Lacan nomme jouissance.

Epinglage proposé par Laurie Cornille, participante à la Section clinique de Bruxelles, avec la contribution de Valérie Lorette.

Références :
Miller : La r***e de la Cause freudienne 73
Freud : Inhibition, symptôme et angoisse
Freud, L’homme aux loups
Miller : l’esp d’une hallucination

« Il m’arrive en effet d’avoir des contrôles à faire, que quelqu’un qui s’essaye à pratiquer la psychanalyse vienne me p...
17/02/2026

« Il m’arrive en effet d’avoir des contrôles à faire, que quelqu’un qui s’essaye à pratiquer la psychanalyse vienne me parler de son exercice, des problèmes que cet exercice fait lever en lui. Ce que j’essaye d’introduire, d’insinuer dans sa manière – tout en la respectant dans sa singularité, le praticien aussi a droit à la singularité – ce que j’essaye d’y insinuer c’est le point de vue du singulier. Bien sûr, à l’occasion, j’accepte le problème posé en termes de classes diagnostiques, mais toujours en tentant de le désamorcer dans ce qu’il a de trop insistant, pour faire prévaloir ce que je crois plus proprement psychanalytique : le point de vue anti-diagnostique. Le diagnostic viendra de surcroît ». (Miller, 2008, Choses de finesse)
Jacques Alain Miller parle du particulier et du singulier. Alors, comment définir le particulier à partir de ce que nous enseigne Jacques Lacan ?
Alexandre Stevens (la petite girafe n°19) notait qu’une institution de notre champ n’a pas à répondre à l’idéal du « pour tous », à l’idéal de démocratie. Une institution a à s’orienter de quelque chose d’autre que ce « pour tous », de cet universel qui se trouve au fondement de la démocratie. Alors que serait ce quelque chose d’autre ? Serait-ce le particulier ? Mais qu’est-ce que le particulier ? Comment le définir ? Peut-on faire l’équivalence entre particulier et différence ? Jacques-Alain Miller nous aide à clarifier les concepts. Il dit que « le particulier permet de former des classes cliniques ». Ce sont ces classes qui permettent de distinguer un sujet névrosé d’un sujet psychotique, un paranoïaque d’un schizophrène, un sujet hystérique d’un sujet obsessionnel. Ainsi, le symptôme dans sa définition classique, concerne d’une certaine manière, toujours quelque chose de général. Il est porté à son comble dans ce qui est appelé « un diagnostic ». Bien sûr, une certaine homogénéité est retrouvée dans les ensembles ainsi définis mais une difficulté, pourtant, surgit dans cette logique de classement.

Pour illustrer cela, Bruno de Halleux propose de se pencher sur le manuel du DSM. En effet, dans cet ouvrage il y a une rubrique puis une sous-rubrique qui indique qu’il y a un reste. Il y a quelque chose dans la rubrique épinglée qui échappe toujours à la rubrique. Ainsi, l’ensemble des parties de toutes les classes ne couvre jamais l’entièreté du réel de la clinique. Le particulier est donc d’une certaine façon, le fait de distinguer la partie d’un tout.
Ce qu’il se passe en France aujourd’hui autour de la place de la psychanalyse dans le champ du soin illustre bien la difficulté d’inclure ce qui échappe à toute volonté diagnostique. Dès lors, ceci nous fait apercevoir combien toute particularisation, si fine soit elle, risque de manquer toujours ce reste, ce quelque chose qui ne se range pas dans les particularités définies, ce reste qui s’en exclut à chaque fois. Il faut donc tirer la conclusion que le particulier ne suffit pas à rendre compte d’une clinique quelle qu’elle soit. Le particulier ne résorbe pas tout de la clinique, il y a toujours un reste. Pour tout parlêtre, il subsiste toujours quelque chose qui résiste, qui ne s’inclut pas dans le diagnostic, aussi fin soit-il. Le signifiant, aussi étendu soit-il, ne résorbera jamais de façon complète le réel comme tel. C’est pour cela que Lacan a inventé une façon d’épingler cette part non symbolisable par le signifiant qu’il a appelé « l’objet a ».
Le particulier, un fois qu’il est défini, a besoin d’être déplié. Il y a une part de ce particulier qui est universel et une autre part qui fait obstacle. Il faut donc ajouter, au particulier, un autre concept pour rattraper ce qui ne cesse d’échapper à tout effort de catégorisation diagnostique. Mais quel est donc cet autre concept ? Lacan amène alors un nouveau signifiant qu’il appelle « le singulier » et marque une distinction entre le singulier et particulier. Alors qu’est-ce que le singulier ? Lacan le définit comme « ce qu’il y a de plus unique dans chaque individu ». Il l’écrit au registre de « l’Un », de « l’Un tout seul ». Il définit le singulier comme « ce qu’il y a du plus intime d’un parlêtre ». C’est un point d’absolu. De fait, lorsque l’on parle de relatif il y en a au moins une chose par rapport à une autre. Alors que le singulier, lui, est un point d’absolu. C’est une marque qu’il va nommer « le sinthome » (dans son tout dernier enseignement). Alors, le «sinthome » comment le définir ? Il ne se définit pas. Pourquoi ? C’est une raison qui tient au signifiant lui-même. Dès lors que l’on définit le signifiant, il est universalisé, classé, rangé. Il y a utilisation d’un deuxième signifiant pour le définir et donc nous ne sommes plus dans « l’Un tout seul ». Lorsque l’on définit un concept, une fois classé, une fois rangé, il peut être rangé dans une liste de concepts. Alors que le sinthome est le singulier par excellence, autrement dit, il est inclassable. Il incarne ce qu’il y a de plus singulier dans chaque individu, soit ce qui fait l’ombilic du parlêtre, ce qui n’est pas en lien avec l’Autre, ce qui reste hors sens. C’est une marque, une griffe, un reste qui ne va jamais se résorber par le symbolique, par le sens, par la significantisation, par l’interprétation, par le déchiffrement.
Jacques-Alain Miller dit que « le sinthome est le singulier comme tel, c’est une catégorie logique mais aussi aux limites de la logique, le singulier ne ressemble à rien. Il existe ou encore il ek-siste à la ressemblance, il est hors de ce qui est commun, parce que le langage ne dit que ce qui est commun ».
Ainsi, le singulier contrarie la question du diagnostic. Jacques-Alain Miller ajoute à ce propos « ce qui fait l’embarras du clinicien dans le contrôle, c’est souvent la question principale qu’on amène : s’agit-il d’une psychose ou d’une névrose ? Le sujet est-il plutôt obsessionnel ou hystérique ? Cette hystérie est-elle en réalité une psychose ? L’intelligence du praticien se laisse solliciter par le souci de répartir et d’assigner le patient à une classe ou à une autre. Ça se constate. Cette inquiétude-là est d’ailleurs très difficile à déplacer chez le praticien. Difficile de lui apporter la paix que peut faire régner le point de vue du singulier, en tant qu’il comporte un laisser-être : laissez être celui qui se confie à vous, laissez-le être dans sa singularité. » (Choses de finesse, 2008)
Ce reste, cette marque initiale, ce point d’incomparable propre au singulier est inassimilable à l’autre, jamais ce reste ne trouvera à s’inclure dans une organisation symbolique, quelle qu’elle soit.

Epinglage effectué par Lorraine de Montjoye, participante à la Section clinique de Bruxelles et relu par Bruno de Halleux.

Cours III à la Section clinique ce samedi 7 février.Voici ce que Valérie Lorette se propose de mettre au travail :"Mille...
04/02/2026

Cours III à la Section clinique ce samedi 7 février.

Voici ce que Valérie Lorette se propose de mettre au travail :

"Miller nous indique que le cas de l'Homme aux Loups chez Freud est une théorie du refoulement.

Nous aborderons donc le cours à partir de ce point en reprenant les méandres du rêve chez Freud et chez Lacan.

Ce cheminement nous amènera notamment à distinguer la phobie de l'Homme aux Loups et celle du petit Hans"

Cours 2 ce samedi 7 février : Katty Langelez poursuivra son élaboration autour des questions traitées au premier cours, ...
04/02/2026

Cours 2 ce samedi 7 février :

Katty Langelez poursuivra son élaboration autour des questions traitées au premier cours, à savoir : de la fusion à la séparation, les diagnostics d’autisme et de schizophrénie ont des chemins entrelacés. Quel intérêt y-a-t-il à les distinguer voire les opposer ? À quoi sert un diagnostic en psychiatrie et en psychanalyse ?

Elle se propose d'articuler les éléments théoriques amenés au premier cours à des vignettes cliniques. Une interaction dialectique entre théorie et clinique!

A samedi!

Cours 1, ce samedi 7 février à 9H à la Maison des Associations Internationales.Voici ce qu'Alfredo Zenoni se propose d'é...
04/02/2026

Cours 1, ce samedi 7 février à 9H à la Maison des Associations Internationales.

Voici ce qu'Alfredo Zenoni se propose d'élaborer:

"L'immersion de l'être humain dans le langage est à l'origine d'une
libido qui n'a pas de racines naturelles. Ce qui crée le problème du
raccord entre la dimensions du signifiant et celle de la satisfaction,
car ce raccord n'est pas inscrit dans des schémas instinctifs. Ce
qui donne lieu à différentes "solutions" cliniques à ce problème selon le mode dont ce raccord s'élabore ou ne s'élabore pas. Nous en examinerons quelques exemples.

A samedi!

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