13/02/2026
Hier soir, j’ai eu le plaisir de présenter l’ostéopathie à un GLEM de gynécologues de Charleroi CentreVille Charleroi, au nom d’ Osteopathie.be .
À ma grande surprise, les questions n’ont pas porté — comme c’est souvent le cas — sur telle ou telle indication clinique, sur la nature du traitement, ni sur une comparaison avec d’autres disciplines. Elles ont été plus fondamentales.
On m’a interrogé sur le cursus de formation, sur la rigueur des stages, sur les compétences requises pour exercer en première ligne.
On m’a questionné sur les risques d’une absence de régulation, sur les usurpations possibles, sur les implications sociétales et économiques d’un cadre légal clair.
La séance de questions fut brève. Vingt minutes à peine.
Mais les échanges se sont prolongés autour d’un repas, dans un climat d’écoute et de curiosité réciproque. Les discussions sont devenues plus fines, plus techniques : neuropathologie, cas cliniques, raisonnement différentiel appliqué à la sphère gynécologique.
Pour des raisons personnelles, je n’avais pas eu le temps de me replonger dans l’anatomie spécifique ni dans la littérature récente. Et pourtant, je me suis surpris à être pleinement à l’aise : relier les systèmes, mobiliser les détails anatomiques, structurer le raisonnement clinique avec rigueur. Bref, faire de l’ostéopathie — sur un terrain qui n’est pas le mien, tout en l’étant profondément — sans jamais sortir du dialogue médical.
Très vite, les échanges sont devenus plus humains. Nous avons parlé des réalités du terrain, des évolutions de leurs pratiques, des choix politiques qui structurent l’organisation des soins. Je ne me suis pas senti extérieur à la discussion ; j’y ai été reconnu comme interlocuteur légitime, qualifié même de véritable acteur de première ligne.
Peut-être certains penseront-ils que l’exercice m’est familier : dialoguer avec le monde académique, avec les médecins, avec les décideurs. Mais c’est la première fois qu’une discussion atteint aussi rapidement l’essentiel : la qualité des prises en charge et la responsabilité collective de l’organiser.
En quittant la salle, le doyen du groupe m’a serré la main avec un sourire chaleureux et m’a dit :
« Je suis ravi d’avoir appris que nous traitions la même chose, mais avec des visions différentes. »
Ces mots dépassent le compliment. Ils confirment qu’un dialogue exigeant est possible — et nécessaire.
Chères consœurs, chers confrères, comptez sur moi pour poursuivre ce travail avec détermination. La reconnaissance ne se décrète pas, elle se construit par la solidité de notre formation, la rigueur de notre pratique et notre capacité à dialoguer à tous les niveaux. Je défendrai une réglementation pour qu'elle aboutisse - et pour qu'elle soit pleinement à la hauteur de nos compétences, de nos responsabilités et des attentes légitimes de la profession.