07/03/2026
J’étais kiné.
Je connaissais l’anatomie.
Les muscles.
Les nerfs.
…
Le jour où j’ai fait mon AVC, mon propre corps ne répondait plus comme avant.
Ce jour-là, j’ai compris une chose :
le corps ne se résume pas à une mécanique anatomique.
Quand une structure dysfonctionne — dans mon cas, une moitié de cerveau —
il ne reste pas seulement une lésion.
Il reste aussi toute la dimension fonctionnelle du corps.
Dans nos études de kiné, on appelle ça le modèle bio-psycho-social.
Trois dimensions indissociables :
Bio — le fonctionnement des organes et des systèmes du corps.
Psycho — la dimension émotionnelle et le système nerveux.
Social — la manière dont le corps s’exprime dans le monde, à travers notre posture, nos mouvements et notre langage non verbal.
Parfois, ce modèle est présenté comme une sorte de catégorie
dans laquelle on range les douleurs que l’on n’explique pas mécaniquement.
Mais quand on le vit dans son propre corps…
ce n’est plus seulement un concept.
Pendant ma revalidation, j’ai commencé à avoir de fortes douleurs au dos.
Aucune explication structurelle liée à mon AVC.
En réalité, j’avais peur.
Peur de ne jamais redevenir comme avant.
Peur de perdre le contrôle de mon corps.
Au point d’avoir parfois peur de ne plus contrôler ma vessie.
Cette peur engageait mon système de protection.
Mon corps se mettait en tension, notamment dans la chaîne postérieure qui s’active quand on doit combattre une situation.
C’est probablement pour cela que j’ai commencé à avoir mal au dos,
alors même que je ne faisais aucune activité physique
et qu’aucune cause mécanique n’expliquait cette douleur.
Quand mon spécialiste m’a expliqué que cette douleur était fonctionnelle,
quelque chose a résonné en moi.
J’ai compris que le corps réagit aussi à tout ce que nous traversons.
Alors j’ai commencé à m’en occuper autrement.
Avec une approche plus globale.
C’est ce qui m’a amené à explorer d’autres approches du soin.
Aujourd’hui, je ne vois plus le corps seulement comme une mécanique à réparer.
Comprendre un corps, ce n’est pas seulement réparer une structure.
C’est comprendre l’être humain dans sa globalité.