21/04/2026
Le travail de nuit est mauvais pour la santé. Avec Médecine pour le Peuple, nous avons publié une étude auprès de 512 travailleurs de nuit. Un des constats est clair : le travail de nuit a un impact sur la santé.
Comme en témoigne David, travailleur de nuit dans une filiale e‑commerce de Colruyt : « Même quand je ne travaille pas, je suis fatigué la journée. Le corps ne suit plus. » Après des années de nuits, la fatigue s’accumule, le rythme devient insoutenable et le corps ne suit plus.
Son témoignage est loin d’être isolé. Ce que vivent les travailleurs, les médecins le constatent aussi. Comme l’explique Elisa Muñoz Gomez, vice-présidente de Médecine pour le Peuple : « Tous les jours, dans nos cabinets nous constatons une augmentation inquiétante des épuisements professionnels. »
40 % des travailleurs risquent de souffrir de troubles du sommeil. Ces troubles sont à leur tour liés à davantage d’accidents, au travail comme en dehors. Les problèmes de santé mentale sont, quant à eux, jusqu’à quatre fois plus fréquents que dans la population générale.
D’un autre côté, le gouvernement prévoit de voter dans une semaine une réforme qui étendrait le travail de nuit à davantage de secteurs. Les nouveaux travailleurs y perdraient en primes et les syndicats seraient plus facilement contournés dans les négociations.
Cette réforme est une attaque contre la santé des travailleurs. Ceux qui travaillent la nuit font tourner la société : dans les soins de santé, les ports, l’industrie, la logistique et les transports.
Avec cette étude, nous voulons remettre une réalité au centre du débat : le travail de nuit a un coût, et ce coût est payé par la santé des travailleurs.