01/04/2026
Je vous aurais bien dit que 84 % des logopèdes se sont conventionnés… mais ce n’est pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit que certaines personnes, logopèdes compris, pensent que quand on est déconventionné, on ne pense qu’à l’argent… mais ce n’est pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit qu’un jour quelqu’un m’a demandé ce que je faisais, moi, pour aider, alors que j’osais simplement remettre en question certaines choses plus haut… mais ce n’est pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit que la logopédie ne représente qu’environ 0,5 % du budget total des soins de santé 2026… mais ce ne serait pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit que les troubles neurocognitifs sont des critères d’exclusion au remboursement logopédique… mais ce ne serait pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit que certains patients ne sont pas remboursés simplement parce qu’ils sont dans l’enseignement spécialisé, dans certaines institutions, ou hospitalisés dans certains services… mais ce ne serait pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit qu’à chaque nouvelle convention si on ne fait pas un choix, l’INAMI nous conventionne par défaut… mais ce ne serait pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit que certains de mes patients subissent un malus de 25 % parce que j’ai choisi le déconventionnement, et ce malgré un arrêt du Conseil d’État de 2019 qui reconnaît une discrimination à l’égard des patients… mais ce ne serait pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit qu’un de mes patients a obtenu un rendez-vous chez une neuropédiatre en novembre 2027 grâce à l’intervention d’un autre prestataire de soins… mais ce ne serait pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit que certains pensent qu’il suffit de “s’organiser un peu mieux” pour absorber toujours plus d’administratif… mais ce ne serait pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit que parfois on passe presque autant de temps à comprendre des règles administratives qu’à préparer des séances… mais ce ne serait pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit qu’il faut parfois mener une véritable chasse au trésor pour retrouver certaines informations officielles… mais ce ne serait pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit que certains pensent qu’un désaccord professionnel signifie forcément un manque de solidarité… mais ce ne serait pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit que parfois les décisions qui concernent notre pratique semblent prises très loin de notre réalité de terrain… mais ce ne serait pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit que malgré tout cela, la majorité des logopèdes continue chaque jour à faire leur travail avec conviction… et ça non plus, ce n’est pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit que malgré les règles, les formulaires, les débats… on continue quand même à préparer nos séances, à encourager, à expliquer, à recommencer… mais ce ne serait pas un poisson d’avril.
Je vous aurais bien dit que je n’aime pas mon métier, mais tous ceux qui me côtoient sauraient que ce serait le plus gros des poissons d’avril.
Bref, je vous aurais bien dit que tout cela était un poisson d’avril.
Mais malheureusement… on est le 1er avril, et rien de tout ça n’est une blague. 🎣
𝘔𝘦𝘳𝘤𝘪 Charlotte Verhelst 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘤𝘦𝘴 𝘣𝘰𝘯𝘴 𝘮𝘰𝘵𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘧𝘰𝘯𝘵 𝘵𝘦𝘭𝘭𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 é𝘤𝘩𝘰 𝘦𝘯 𝘮𝘰𝘪 !!