19/01/2026
Après une réduction des budgets permettant la gratuité des fournitures scolaire et des cantines pour certains enfants par la Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est au tour du Gouvernement fédéral de prendre une mesure qui va impacter la facture des repas scolaires.
L’augmentation annoncée de la TVA de 6 % à 12 % sur les repas fournis par des traiteurs externes dans les cantines scolaires va en effet mécaniquement faire grimper le prix des repas chauds pour les familles. Dans de nombreuses écoles déjà fragilisées, ces surcoûts ne pourront pas être absorbés : ils seront reportés sur les parents, avec le risque très réel de voir revenir la "boîte à tartines vide" pour les enfants dont les familles ont le moins de moyens.
Cette décision intervient alors même que les budgets spécifiques qui permettaient d’organiser des repas complets, sains, durables et gratuits pour des dizaines de milliers d’enfants de familles en situation de pauvreté sont en forte diminution. D’un côté, on augmente la facture des cantines ; de l’autre, on réduit les moyens publics pour garantir la gratuité là où elle est la plus nécessaire. Ce double mouvement pénalise directement les enfants et creuse encore les inégalités entre élèves.
Le Délégué général aux droits de l’enfant rappelle que le repas de midi à l’école n’est pas un "extra" : pour beaucoup d’enfants, il s’agit du seul repas chaud et équilibré de la journée, avec un impact direct sur leur santé, leur bien-être et leur capacité d’apprendre. La Convention internationale relative aux droits de l’enfant impose aux autorités de garantir le droit à un niveau de vie suffisant, notamment en matière d’alimentation, et le droit à l’éducation sur la base de l’égalité des chances. Dans le cadre de la Garantie européenne pour l’enfance, la Belgique s’est d’ailleurs engagée à assurer aux enfants vulnérables l’accès effectif à un repas sain à l’école, ce qui implique de sécuriser – et non de fragiliser – les cantines scolaires.
Notre position est claire et constante : à l’inverse de ce que l’on voit apparaître, la direction à prendre est celle de la gratuité progressive du repas de midi à l’école, en commençant par les enfants des familles les plus précarisées. Le Délégué général appelle les autorités fédérales et de la Fédération Wallonie-Bruxelles à revoir ces décisions, à protéger les cantines scolaires de la hausse de la TVA et à renforcer, plutôt qu’affaiblir, les politiques de repas scolaires gratuits de qualité.