25/01/2026
Voici la plus grande méta-analyse jamais réalisée sur les effets des pesticides sur la biodiversité, sur la base de 1705 études et 20 212 tailles d’effet.
Quelques messages clés.
1) Les pesticides (insecticides, herbicides, fongicides) entrainent clairement des impacts négatifs sur une grande diversité d’espèces non-ciblées et d’écosystèmes terrestres et aquatiques. Plus de 800 espèces de plantes, insectes, poissons, oiseaux, mammifères, champignons et microbes ont montré des réponses négatives dans les études analysées.
2) Comme on le voit sur ce graphique, les impacts ne se limitent pas qu'à la mortalité des organismes. Ils concernent :
* la croissance des organismes
* leur reproduction
* leur comportement (ex. mobilité, recherche de nourriture),
* des biomarqueurs physiologiques (ex. activité métabolique ou enzymatique)
3) Même des pesticides formulés pour une cible particulière (ex. néonicotinoïdes) ont eu des effets nocifs détectables sur des organismes très différents, comme des amphibiens ou des micro-organismes.
4) Les effets négatifs semblaient plus prononcés en zones tempérées qu’en zones tropicales, mais étaient consistants entre les écosystèmes terrestres et aquatiques.
5) Les auteurs soulignent que les méta-analyses précédentes n’avaient pas suffisamment comparé dans leur globalité les effets des pesticides à travers différentes zones climatiques, types d’exposition, et groupes taxonomiques. Cette étude comble partiellement ces lacunes en utilisant des standards analytiques unifiés. Traduction d'un extrait :
"Sans une synthèse unifiée appliquant des normes communes de collecte et d'analyse des données, les conséquences mondiales de l'utilisation des pesticides dans divers écosystèmes et taxons restent mal comprises."
6) Les auteurs appellent (sans trop de surprise) à tenir compte du vrai coût des pesticides et à transformer les pratiques agricoles.
"Le développement de biopesticides et de stratégies de diversification des agroécosystèmes pourrait également jouer un rôle, notamment l'intensification écologique, la diversification spatio-temporelle des cultures, y compris les cultures intercalaires, ainsi que d'autres moyens de lutte culturale contre les ravageurs.
De telles approches devraient probablement tenir compte de stratégies de gestion à l'échelle du paysage qui nécessiteraient une adoption à grande échelle afin de réduire les impacts sur les organismes non ciblés à l'échelle nationale et internationale.
Nos conclusions indiquent que le faible coût des pesticides ne tient pas compte des coûts cachés pour la faune et les écosystèmes. Cela rend les pratiques durables moins attrayantes financièrement pour les agriculteurs, qui pourraient continuer à utiliser des pesticides à titre préventif."
Lien vers l'étude, dont le PDF :
www.nature.com/articles/s41467-025-56732-x
(publié par Cyrus Farhangi)