30/01/2026
Il y a des gens qui ne sont pas brisés.
Ils sont épuisés.
Épuisés d’avoir été forts trop tôt.
D’avoir compris trop vite.
D’avoir encaissé sans jamais avoir l’espace pour déposer.
On les appelle résilients.
Solides.
Inspirants.
Mais on ne demande jamais à quel prix.
La vérité, c’est que survivre pendant des années laisse des traces.
Pas des fissures irréparables.
Des marques de passage.
Des tensions dans le corps.
Une hypervigilance constante.
Une fatigue que le sommeil ne répare pas.
On apprend à fonctionner.
À performer.
À avancer malgré tout.
Et un jour, sans prévenir, quelque chose cède.
Pas parce qu’on est faible.
Mais parce qu’on n’est pas brisé.
Parce qu’un être brisé ne cherche pas à comprendre.
Il ne se remet pas en mouvement.
Il n’évolue plus.
Ce qu’on appelle parfois une chute
est souvent un ajustement profond.
Le moment où le corps, l’esprit, l’âme disent :
« Il est temps de vivre autrement. »
Guérir, ce n’est pas effacer le chaos.
Ce n’est pas devenir lumineux en permanence.
Ce n’est pas prétendre aller bien.
Guérir, c’est avancer avec ce qui a été.
Transformer la douleur en conscience.
Et la conscience en force.
Tant qu’on respire,
tant qu’on continue d’avancer, même lentement,
tant qu’on choisit de se regarder avec honnêteté,
on n’est pas brisé.
On est en train de se reconstruire.
De s’ajuster.
De renforcer sa lumière.
Entre chaos et lumière,
il n’y a pas une ligne d’arrivée.
Il y a un mouvement.
Un être humain vivant.
Qui évolue.
Et ça,
ce n’est pas être brisé.
C’est être profondément humain.