22/12/2025
Réseaux sociaux : Quand le divertissement détruit des vies
Sur les réseaux sociaux, tout semble léger, rapide, presque irréel.
Un post, un commentaire, un like… et on passe au suivant.
Pourtant, derrière chaque publication diffamatoire, chaque rumeur, chaque dénonciation publique, il y a des vies réelles.
Des personnes ont perdu leur emploi à la suite de faux témoignages.
Des couples se sont séparés, des familles ont explosé.
Des hommes et des femmes ont été stigmatisés durablement, parfois exclus socialement, professionnellement, voire psychologiquement brisés.
Des commerces et même des écoles ont subi contrôles, pertes financières ou fermetures sur la base de accusations infondées.
Tout cela n’est pas anodin.
Tout cela n’est pas virtuel.
La loi existe, même en ligne
Les insultes, la diffamation, la dénonciation calomnieuse et le harcèlement en ligne sont des infractions pénales.
La responsabilité ne concerne pas uniquement celui qui écrit, mais aussi celui qui relaye, valide, encourage ou laisse prospérer ces contenus.
Le like n’est pas neutre.
Le partage n’est pas innocent.
Le silence n’est pas toujours une absence de position.
Une question d’éthique et de conscience
Dans l’éthique musulmane, comme dans toute éthique humaniste, la parole engage.
Il est demandé de vérifier l’information (tabayyoun), de refuser la calomnie, de préserver l’honneur et la dignité, et surtout de ne jamais juger sans avoir entendu toutes les versions d’une histoire.
La rumeur n’est pas une preuve.
L’émotion n’est pas un fait.
Le nombre de commentaires n’est pas la vérité.
Chacun a un pouvoir
Les réseaux sociaux fonctionnent sur l’attention.
Ce que nous regardons, aimons et partageons devient visible, amplifié, normalisé.
En continuant à suivre des groupes fondés sur le scandale, la dénonciation publique ou la rumeur, nous leur donnons du pouvoir.
En signalant les abus, en quittant ces espaces, en refusant de participer, nous protégeons.
Et si on changeait de posture ?
Refuser le lynchage numérique n’est pas fermer les yeux sur les problèmes.
C’est exiger des faits, de la nuance, de la justice et de la responsabilité.
Les réseaux sociaux peuvent être :
• des espaces d’information,
• de réflexion,
• d’éducation,
• de débat respectueux.
Mais seulement si nous l’exigeons par nos comportements.
👉 Derrière chaque écran, il y a une personne.
👉 Derrière chaque rumeur, il peut y avoir une vie brisée.
La dignité humaine mérite mieux que quelques secondes de divertissement.