26/12/2025
La polykystose rénale (PKD) est un groupe de maladies caractérisées par la présence de multiples kystes remplis de liquide dans les reins. Ces kystes grossissent progressivement, détruisant la structure normale du rein et aboutissant à une insuffisance rénale. Il est important de noter que la PKD ne constitue pas une maladie unique, mais un groupe de maladies classées de manière systématique selon leur mode de transmission, les gènes responsables, les manifestations cliniques et les lésions extra-rénales. La compréhension de cette classification est essentielle pour le diagnostic, le traitement et le conseil génétique familial.
Actuellement, la PKD est principalement divisée en deux types : la PKD autosomique dominante et la PKD autosomique récessive.
I. PKD autosomique dominante – La forme de transmission la plus fréquente
La PKD autosomique dominante est la maladie rénale héréditaire la plus fréquente, représentant environ 5 à 10 % de toutes les insuffisances rénales terminales. Elle se caractérise par sa transmission intergénérationnelle ; si l’un des parents est atteint, ses enfants ont 50 % de chances d’hériter de la maladie. Les symptômes apparaissent généralement à l'âge adulte (entre 30 et 50 ans), d'où son ancien nom de « polykystose rénale autosomique dominante ».
Selon le gène responsable, la polykystose rénale autosomique dominante (PKRAD) se divise en deux principaux sous-types :
PKRAD de type 1
Gène responsable : gène PKD1 (situé sur le chromosome 16).
Prévalence : environ 78 % des cas de PKRAD.
Caractéristiques cliniques : formes généralement plus sévères, apparition plus précoce des kystes et insuffisance rénale terminale plus précoce (âge moyen : environ 54 ans). Augmentation plus rapide du volume rénal.
PKRAD de type 2
Gène responsable : gène PKD2 (situé sur le chromosome 4).
Prévalence : environ 15 % des cas de PKRAD.
Caractéristiques cliniques : Généralement plus bénigne que le type 1, la polykystose rénale autosomique dominante (PKRAD) se caractérise par un développement plus lent des kystes et un âge d’apparition plus tardif de l’insuffisance rénale terminale (environ 74 ans en moyenne). Les manifestations cliniques sont plus hétérogènes.
Manifestations extra-rénales de la PKRAD : Outre la présence de multiples kystes dans les deux reins, les patients peuvent également présenter :
Kystes hépatiques (les plus fréquents)
Kystes pancréatiques
Anévrismes intracrâniens (nécessitant une surveillance et un dépistage étroits)
Anomalies des valves cardiaques (telles qu’un prolapsus de la valve mitrale)
Hernie inguinale ou hernie de la paroi abdominale
II. Polykystose rénale autosomique récessive – une forme sévère à début infantile
La polykystose rénale autosomique récessive est une maladie génétique infantile relativement rare. Son mode de transmission est le suivant : les deux parents sont porteurs sains (sans symptômes) et leurs enfants ont 25 % de risques de développer la maladie. La polykystose rénale autosomique récessive (ARPKD) se manifeste généralement pendant la période périnatale ou la petite enfance et était autrefois appelée « polykystose rénale infantile ».
Cause de la maladie : Principalement due au gène PKHD1.
Principaux signes cliniques :
Manifestations rénales : Augmentation significative du volume des reins, recouverts de nombreux microkystes, associée à une dilatation importante des canaux collecteurs rénaux et à une fibrose hépatique congénitale.
Manifestations hépatiques : La fibrose hépatique congénitale est la caractéristique principale de cette maladie, entraînant une hypertension portale, des varices œsophagiennes et gastriques, et une splénomégalie. La gravité des lésions hépatiques est très variable d’un patient à l’autre.
Pronostic : Les cas graves entraînent un décès périnatal dû à une hypoplasie pulmonaire et à une insuffisance respiratoire. Les nourrissons survivants présentent un équilibre complexe entre le déclin progressif de la fonction rénale et les complications liées à la fibrose hépatique.
Le sous-typage précis de la polykystose rénale (PCD) présente une importance clinique majeure :
Un sous-typage clinique préliminaire peut être réalisé en fonction des antécédents familiaux, de l’âge d’apparition des symptômes, des caractéristiques d’imagerie (telles que la taille des reins et la morphologie des kystes) et des manifestations extra-rénales. Le test génétique constitue la méthode de référence pour le sous-typage, permettant d’identifier clairement la polykystose rénale autosomique dominante (PKRAD) de type 1 ou 2 et de confirmer la polykystose rénale autosomique récessive (PKRAD), entre autres diagnostics.
La PKRAD de type 1 présente généralement un pronostic plus défavorable que le type 2 ; le pronostic de la PKRAD est étroitement lié à l’état respiratoire à la naissance et au degré de fibrose hépatique.
Le sous-typage détermine l’orientation du suivi. Par exemple, tous les patients atteints de PKRAD doivent faire l’objet d’un dépistage des anévrismes intracrâniens ; les patients atteints de PKRAD nécessitent une surveillance étroite de l’hypertension portale ; et les patients atteints de PKRAD de type syndromique doivent être dépistés pour des risques tumoraux spécifiques.
Un sous-typage précis est fondamental pour une évaluation précise du risque génétique familial et pour orienter les choix en matière de reproduction.