16/01/2026
🍷 Alcoolisme et femmes : ce que le patriarcat ne veut pas qu’on dise.
Les femmes sont largement discriminées devant la santé.
En France, on estime que entre 500 000 et 1,5 million de femmes sont concernées par un trouble lié à l’alcool — un chiffre trop souvent minimisé ou ignoré parce que « ça ne colle pas avec l’image féminine idéale ».
En Belgique, la proportion de femmes parmi celles qui demandent un traitement pour un problème lié à l’alcool a augmenté significativement ces dernières années, atteignant plus de 34 % des demandes en 2023, avec une majorité hospitalisées plutôt que prises en charge dans des services adaptés.
👉 Ces chiffres ne tombent pas du ciel : ils s’inscrivent dans une société qui juge plus durement les femmes qui boivent, qui culpabilise, qui stigmatise et qui invisibilise avant même de proposer une aide réelle.
La représentation sociale de la femme “normée” — maîtrisée, irréprochable, responsable de tout — pèse tellement que parler de souffrance devient une faute morale, pas une question de santé.
👉 Les études montrent aussi que les femmes sont moins bien repérées dans le système de soins, sont moindrement considérées médicalement, et rencontrent plus d’obstacles à consulter : peur du jugement, responsabilités familiales, charge mentale, crainte des conséquences sociales.
Ça ne vient pas que de l’alcool.
Ça vient d’un système social où la charge mentale, l’estime de soi et le regard extérieur pèsent plus sur une femme, où demander de l’aide est plus facile pour un homme que pour une femme parce que… c’est « normal » pour un homme d’avoir un problème avec l’alcool, mais pas pour une femme.
Alors on tait.
On attend.
On culpabilise.
On retarde le soin.
👉 Et c’est patriarcal parce que les normes de genre influencent la façon dont la société juge, écoute, guide, soigne ou ignore une femme qui boit.
C’est aussi patriarcal parce que le système de soins n’est pas construit pour accueillir ces réalités-là avec respect, compréhension, adéquation.
Sources : Mutualité Chrétienne, Le Monde, Le Spécialiste, Haute Autorité de Santé, Assemblée Nationale