23/04/2026
Le Cercle de paroles Hommes/Femmes approchent à grands pas et Michel et moi même sommes toujours impatients et heureux de vous accueillir dans cette ambiance agréable, complice et authentique♥️
Nous avions envie tous les deux de vous partager un retour écrit d’une participante dont la prose nous a touché et dont l exactitude de ses dires reflète bien l atmosphère de ces soirées autour de toutes ces discussions mais aussi du magnifique buffet que Michel Servais nous concocte à chaque fois ♥️
Les inscriptions pour le 30/4 sont ouvertes
info@villasubthyle.be
« Il y a eu deux cercles, l'un après l'autre, et autour de chacun d'eux, un espace presque sacré, rempli de silence.
Un silence qui n’était pas vide, mais dense, chargé d’écoute, de regards retenus, de mots qui cherchaient leur place sans pouvoir encore sortir.
Les questions avaient été déposées comme des offrandes anonymes.
Des questions troublantes ou qui donnent le vertige. Et puis d'autres, plus douces...en apparence.
Dans le cercle des hommes, quelque chose s’est ouvert, parfois avec pudeur, parfois avec une franchise presque brutale. L'émotion s'est invitée. Silencieuse ou extériorisée.
Il a été question de tromperie, mais surtout de responsabilité.
D’arrêter de poser sur les épaules des femmes ce qui appartient aux hommes.
Et arriver a dire simplement, et ce n’était pas si simple, qu’un homme infidèle l’est d’abord par lui-même.
Que chercher ailleurs peut être une fuite, une soupape, un pansement maladroit sur un manque de douceur, d’écoute, de présence. S'en vouloir...ou assumer.
Que parfois, on préfère fissurer le lien plutôt que de le regarder en face.
Il a été question d’amour aussi, et de ses contours mouvants.
Exclusivité ou liberté.
Contrat ou mouvement.
Donner à une seule ou à plusieurs.
Et derrière ces mots, toujours la même tension : comment aimer sans se perdre, comment rester sans se trahir.
Puis sont venues les peurs.
Celles que l’on dit peu, celles que l’on masque derrière des postures.
La peur de l’ennui, de la routine qui use doucement.
La peur de rester trop longtemps… ou de partir trop tôt.
La peur de s’attacher au point de ne plus savoir se tenir debout seul.
La peur d’être responsable du cœur de l’autre, de pouvoir le blesser, le briser.
La peur aussi d’être manipulé, abîmé, détruit.
Et pourtant, malgré tout cela, il restait une intention suspendue : l’envie d’aimer.
Et une décision en filigrane : ne pas laisser les peurs gouverner, même quand elles sont là, puissantes, tenaces.
Dans un autre mouvement, plus léger et plus grave à la fois, la question de la compétition est apparue.
Jeunes, beaucoup avaient appris à lutter, à comparer, à gagner.
Puis avec le temps, quelque chose change : moins de goût pour écraser, plus d’élan pour construire ensemble.
Refuser de faire perdre l’autre, préférer lui apprendre.
Se détacher de l’image de l’homme à posséder, à prouver, à dépasser.
Et pourtant sentir encore cette tension diffuse, cette compétition invisible que la société entretient, souffle et valorise.
Alors une autre possibilité a émergé, presque timidement :
Et si on essayait la collaboration ?
Et si on osait dire “je ne sais pas” ?
Et si être un homme n’était pas une performance, mais une présence ?
En écho, il y avait aussi ces zones floues, ces lignes de fracture entre hommes et femmes.
Des incompréhensions anciennes, presque mythologiques.
Mars et Vénus, dit-on, comme si cela expliquait tout. Ou peut-être comme si cela évitait de chercher plus loin.
Des rôles qui se confondent : être femme, être mère… parfois devenir la mère de son partenaire.
Des attentes, des projections, des blessures qui circulent sans toujours trouver les mots justes.
Et au milieu de tout cela :
la communication, fragile et essentielle.
Les peurs, encore et toujours.
la peur de perdre, la peur d’aimer, la peur de ne pas être assez.
Les élans aussi, vers l’amitié, vers l’amour, vers quelque chose de plus simple, peut-être plus vrai.
De cette soirée, il reste une matière vivante, imparfaite, humaine.
Des hommes qui parlent entre eux.
Des femmes qui font de même, réunis dans une même pièce. Avec les mêmes règles du jeu mais des parties aux ambiances différentes.
Deux cercles teintés de respect où l'exercice périlleux consistait à écouter sans interrompre, à recevoir sans répondre, à laisser l’autre exister sans chercher à corriger.
Peut-être que le plus beau cadeau, à l'issue de cette expérience, n’était pas d'obtenir des réponses.
Mais de bénéficier de cet espace-temps là »
Christine Helin