01/25/2026
Aquamation : la "crémation à l'eau" qui bouscule nos adieux.
Face aux défis environnementaux, même nos rituels les plus anciens évoluent. Et une question s'impose, doucement mais sûrement: que devient notre empreinte, après la vie ?
L'aquamation, aussi appelée hydrolyse alcaline, propose une réponse radicalement différente de la flamme ou de la terre. Le corps est placé dans une chambre métallique remplie d'eau et d'une solution très alcaline, souvent à base d'hydroxyde de potassium. Chauffée autour de 96°C et maintenue sous pression, cette combinaison accélère un phénomène naturel : les tissus se décomposent, progressivement, jusqu'à ne laisser que l'ossature.
Ce qui reste ensuite ressemble à ce que connaissent les familles après une crémation : les os sont séchés puis réduits en une poudre claire, remise aux proches.
Quant au liquide issu du processus, il est neutralisé (notamment par ajustement du pH) avant d'être orienté vers une filière de traitement des eaux.
Pourquoi cette méthode intrigue autant ? Parce qu'elle évite la combustion. Là où une crémation à flamme génère des fumées et des émissions sur site, l'aquamation déplace l'essentiel de son impact vers l'énergie nécessaire au fonctionnement et le traitement, avec un profil souvent présenté comme moins lourd que la crémation classique.
Et ce n'est plus une idée théorique : Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, a lui-même choisi l'aquamation pour ses funérailles en 2022. Un geste qui a marqué les esprits, et qui résume une tendance de fond : chercher une cohérence jusqu'au bout.
Peut-on repenser l'adieu sans renoncer à la dignité, ni à la simplicité ? L'aquamation ouvre, en tout cas, un nouveau chapitre : celui d'une fin de vie qui interroge notre héritage... jusque dans ce que l'on laisse derrière nous.
Sources :
National Geographic ("Rest in compost: These green funerals offer an eco-friendly
afterlife" 24 février 2023)
The Guardian ("What is aquamation? The process behind Desmond Tutu's 'green cremation'", 1 janvier 2022)