01/06/2026
❗AVERTISSEMENT : Le but de cette publication n’est pas d’entrer dans le débat ni de prendre position. Ce n’est pas le rôle de la clinique. Nous sommes des intervenants, pas des chroniqueurs.
La nouvelle mesure du vouvoiement fait énormément jaser et couler d'encre. Notre rôle, c’est d’accompagner les humains dans ce qu’ils vivent et non de dire si nous sommes en accord ou non. Alors aujourd’hui, comme au milieu de cette discussion très chargée, il y a surtout les enfants, c’est pour eux qu’on a décidé d'écrire.
Qu’on soit d’accord ou non avec la mesure, elle est maintenant en place. La résilience, c’est souvent ça. Reconnaître qu’on peut avoir une opinion, mais qu’ici et maintenant, on doit composer avec la réalité.
Ce qui insécurise le plus les enfants, ce n’est pas tant le vouvoiement en soi. C’est d’être témoin des tensions, des soupirs, des conversations chargées d’émotions ou des prises de position entre adultes. Ils sentent qu’il se passe quelque chose, mais n’ont pas encore les outils pour comprendre.
Alors aujourd’hui, on vous propose une posture différente.
Comment intégrer cette mesure avec douceur, respect et bienveillance, sans coercition, en gardant le lien au centre de la relation adulte-élèves.
Avec les tout petits en maternelle, on fait comment?
À cet âge, tout passe énormément par le ton, la douceur et la sécurité affective. On peut expliquer simplement.
« À l’école, on va dire vous aux adultes. On va l’apprendre ensemble. C’est correct si on se trompe! ».
Les tout petits vont mélanger, les Vous et les Tu. C’est normal. On peut les aider doucement, sans critique, punition ou humiliation.
Par exemple : « À l'école on doit maintenant dire Vous aux adultes. On essaie encore une fois ensemble? On fait la chanson du Vous? »
Le plus important, c’est la chaleur de la relation. Le sourire, la bienveillance, la patience. Et autant que possible, éviter de discuter ou critiquer la règle devant eux, parce que ça les insécurise beaucoup plus qu’on le pense.
Avec les enfants du primaire, on fait quoi?
Les enfants du primaire comprennent mieux les règles, mais ont encore grand besoin de sécurité et de constance. On peut nommer clairement la règle : « À l’école, on vouvoie les adultes. On va apprendre ensemble. »
On évite de transformer ça en enjeu disciplinaire. On accompagne. On encourage. On soutient. On accueille aussi les questions sans entrer dans des débats politiques ou émotionnels. Et on peut normaliser que les adultes aussi apprennent et s’adaptent. Ça rend la relation plus humaine!
Et les ados au secondaire eux?
Les adolescents sont particulièrement sensibles au respect mutuel et à l’authenticité. On peut dire les choses clairement, sans dramatiser.
« La règle maintenant, c’est le vouvoiement. Ça ne change rien à la relation qu'on a. On se respecte dans les deux sens! »
On évite les confrontations inutiles. On ne ridiculise pas un jeune qui se trompe. On peut accueillir les opinions, mais sans transformer la classe en champ de débat idéologique. Rappeler calmement le cadre, de façon constante, reste la clé. Et au début, c'est pas parce qu'ils sont ados qu'on doit être rigides et les envoyer à la salle de retrait hein!
Et le lien, dans tout ça?
Pour beaucoup d’adultes à l’école, le tutoiement faisait partie du lien. On le sait, et on comprend que ça puisse déstabiliser. Mais le lien ne repose pas uniquement sur la façon de s’adresser à l’autre.
Il repose surtout sur la qualité de présence. Sur le regard. Le ton de voix. La constance. La douceur. La capacité d’écouter sans juger. La reconnaissance des efforts. Le droit à l’erreur. L’humour bienveillant. L’accueil de l’humain tel qu’il est.
Un enfant ou un ado RETIENT SURTOUT COMMENT IL S'EST SENTI AUPRÈS DE L'ADULTE. Pas seulement les mots utilisés.
Comment rendre le vouvoiement plus doux et moins menaçant pour les jeunes?
On peut expliquer plutôt qu’imposer.
Accompagner plutôt que punir.
Rester calme et constant.
Éviter de laisser filtrer les tensions entre adultes devant les enfants.
Garder la chaleur relationnelle.
Répéter avec patience.
Se rappeler que tout le monde s’adapte ensemble.
Parce que ce que les jeunes apprennent en ce moment, ce n’est pas seulement une nouvelle façon de s’adresser aux adultes. Ils apprennent aussi comment on traverse un changement. Comment on s’ajuste. Comment on peut rester humain, sécurisant et respectueux, même quand ça divise.
En rappel!
Notre intention ici n’est pas de débattre ni de trancher. Notre rôle, c’est de soutenir ceux qui accompagnent les enfants, les ados et les familles.
Et peu importe le cadre, la base demeure la même en fonction de ces 4 piliers :
Le lien
La sécurité
La bienveillance
La constance
C’est là dessus que les enfants construisent leur confiance en les adultes!
L'équipe neutre de L'intervenant