02/22/2026
LES IA DÉTERMINENT LES PRIX À LA MANIÈRE D'UN CARTEL SANS HONTE.
"Le prix que vous payez aujourd’hui pour votre billet d’avion, votre chambre d’hôtel ou votre course Uber change chaque seconde et bientôt, ce sera vrai pour à peu près tout le reste.
Des algorithmes changent déjà les prix en temps réel selon des dizaines de variables : votre historique d’achat, votre code postal, la météo. Souvent à votre insu. Toujours sans explication.
La boîte noire..Ces outils ne servent pas à faire des aubaines. Ils servent à extraire plus de profits, plus discrètement. Sans annoncer de hausses. Sans que le consommateur le voie venir.
Les Canadiens consultés par le Bureau de la concurrence ont choisi deux mots pour décrire cette pratique : injustice et discrimination. Sur 77 particuliers ayant participé à la consultation, au début de l’année, la majorité tire la sonnette d’alarme.
« Cette forme de tarification est invisible pour le consommateur, dit Sara Eve Levac, avocate chez Option consommateurs. Les prix varient d’un client à l’autre, impossible de comparer. »
Les critères utilisés pour fixer les prix restent des secrets industriels. Aucune obligation de transparence. Aucune obligation de prouver l’absence de discrimination.
Ce qui s’en vient est glaçant
Pierre Trudel, professeur de droit à l’Université de Montréal, est sans équivoque : les politiciens dénoncent la hausse du coût de la vie, mais tardent à agir contre les pratiques numériques qui saignent les consommateurs en silence.
La tarification dynamique n’est pas réservée à internet, les étiquettes électroniques prolifèrent déjà dans les rayons. Le New York Times prédit même la fin de l’étiquette de prix telle qu’on la connaît.
Rien n’empêche le prix du sel de grimper pendant un épisode de verglas, ou celui des bouteilles d’eau de monter pendant une canicule.
« Pendant la COVID, ils auraient pu monter le prix du papier de toilette », rigole l’avocate.
Des chercheurs de Harvard ont découvert quelque chose d’inquiétant, l’an dernier. Dans un marché simulé, des intelligences artificielles ont fixé des prix entre elles, sans qu’on le leur demande. Résultat : elles ont poussé les tarifs au maximum. Exactement comme un cartel. Sans jamais se parler. Leur mécanisme ? Une aversion instinctive pour les guerres de prix. Leurs calculs internes le disent clairement : « Éviter les baisses pour ne pas déclencher une guerre des prix. » Elles raisonnent comme des oligopoles chevronnés. Et quand on leur demande si elles font de la collusion, elles répondent non. Catégoriquement. (Source : Fish, Gonczarowski & Shorrer, Harvard University / Penn State, arXiv, septembre 2025)
Il faut agir
L’Union des consommateurs réclame un moratoire sur ces algorithmes. Les entreprises ont une longueur d’avance sur les régulateurs, plaide l’organisme, et les consommateurs en paient le prix, au sens propre.
Le Bureau de la concurrence promet de surveiller la situation. Ce n’est pas une loi. Ce n’est pas un règlement. C’est une promesse de regarder."