03/31/2026
𝗟𝗲 𝟭𝟴 𝗺𝗮𝗿𝘀 𝟮𝟬𝟮𝟲, le ministre provincial des Finances, Eric Girard, présentait le 𝗯𝘂𝗱𝗴𝗲𝘁 𝟮𝟬𝟮𝟲‑𝟮𝟬𝟮𝟳. Nous vous partageons le communiqué du 𝗖𝗔𝗣𝗩𝗜𝗦𝗛 qui met en lumière pourquoi les mesures annoncées demeurent insuffisantes pour assurer la pleine participation citoyenne des personnes en situation de handicap.
Le budget prévoit injecter des sommes afin de 𝗹𝘂𝘁𝘁𝗲𝗿 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝘃𝗶𝗼𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲𝘀 𝗳𝗮𝗶𝘁𝗲𝘀 𝗮𝘂𝘅 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲𝘀, notamment en investissant pour rendre les maisons d’hébergement plus sécuritaires et fonctionnelles, mais, en aucun cas, l’intention ou encore l’importance de rendre ces ressources accessibles ne sont soulevées.
Rappelons que les femmes en situation de handicap sont jusqu’à trois fois plus à risque de subir de la violence conjugale, en plus de devoir faire face à davantage d’obstacles lorsqu’il s’agit de trouver des ressources pour s’en sortir de manière sécuritaire.
En 2026, Action Femmes et handicap célèbre 𝘀𝗲𝘀 𝟰𝟬 𝗮𝗻𝘀. Quarante ans 𝗱𝗲 𝗹𝘂𝘁𝘁𝗲 pour le développement de ressources accessibles et adaptées en matière de violences genrées. Pourtant, le budget 2026‑2027 ne fait aucune mention d’un engagement à créer de nouvelles ressources d’hébergement accessibles.
👉 𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝗴𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗲𝘂𝘁‑𝗶𝗹 𝗽𝗿𝗲́𝘁𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗹𝘂𝘁𝘁𝗲𝗿 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝘃𝗶𝗼𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲𝘀 𝗳𝗮𝗶𝘁𝗲𝘀 𝗮𝘂𝘅 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲𝘀 𝘀’𝗶𝗹 𝗽𝗲𝗿𝗽𝗲́𝘁𝘂𝗲 𝗹’𝗲𝘅𝗰𝗹𝘂𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝘀𝗲 𝘁𝗿𝗼𝘂𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗮̀ 𝗱𝗲𝘀 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝘀𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗲𝘅𝗽𝗼𝘀𝗮𝗻𝘁 𝗱𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁𝗮𝗴𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝘃𝗶𝗼𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲𝘀?
COMMUNIQUÉ - Budget provincial 2026-2027 - 134 milliards $ d’indifférence : les personnes handicapées encore oubliées
Québec, le 18 mars 2026 – Le CAPVISH accueille avec une profonde déception le budget 2026-2027 déposé aujourd’hui par le ministre des Finances du Québec, Éric Girard totalisant 134 G$. Présenté comme étant centré sur les priorités des Québécois, ce budget s’avère pourtant timide, sans ambition et, surtout, largement insuffisant pour répondre aux besoins criants des personnes en situation de handicap et des ménages les plus vulnérables.
En matière de logement, les mesures annoncées frôlent l’indécence face à l’ampleur de la crise. Le gouvernement prévoit 209 M$ sur trois ans pour la construction de seulement 1 000 logements « abordables ». Non seulement cet objectif est largement en deçà des besoins réels — alors que plusieurs experts évoquent la nécessité d’au moins 10 000 logements sociaux —, mais aucune garantie n’est offerte quant à l’accessibilité ou à l’adaptabilité de ces unités. Encore une fois, les personnes en situation de handicap sont totalement oubliées.
Le constat est tout aussi préoccupant du côté de l’itinérance. Avec un investissement de 90 M$, le gouvernement envoie un message clair : malgré l’urgence visible dans toutes les régions du Québec, la lutte contre l’itinérance ne figure pas parmi ses priorités réelles.
La seule mesure intéressante qui touche directement les personnes en situation de handicap est un montant de 30 M$ sur deux ans pour le Programme d’adaptation de domicile (PAD) —mais qui apparaît largement insuffisante. «Après plus d’un an et demi de gel, ces sommes serviront essentiellement à écouler une liste d’attente déjà trop longue, sans répondre à la demande croissante. Pour de nombreuses personnes, cela signifie continuer à vivre dans des logements inadaptés, voire devoir quitter leur milieu de vie», précise Dominique Salgado, directeur général du CAPVISH.
D’autres annonces, comme les 185,9 M$ pour le renouvellement du Programme de supplément au loyer (PSL), permettront d’éviter le pire pour certains ménages, mais sans offrir de solutions durables à la crise du logement. Quant au soutien aux organismes communautaires — 100 M$ sur cinq ans via le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) et 45,6 M$ pour la défense collective des droits. «Ces montants demeurent toutefois nettement insuffisant pour des acteurs déjà à bout de souffle», souligne Michel Dubé, président du CAPVISH.
Par ailleurs, le silence complet entourant la mise en œuvre de la nouvelle politique nationale de soins à domicile annoncée en début d’année soulève de sérieuses inquiétudes. Alors que cette réforme était attendue, aucune mesure concrète ni financement n’apparaissent dans ce budget. Les impacts réels, notamment en région, demeurent aussi toujours inconnus. L’étude des crédits au printemps pourrait toutefois permettre d’en préciser les montants.
Au final, ce budget donne l’impression d’un gouvernement déconnecté des réalités vécues sur le terrain. En refusant d’investir à la hauteur des besoins, il contribue à maintenir, voire à aggraver, les inégalités sociales. Pour les personnes en situation de handicap et les ménages vulnérables, le message est clair : il faudra encore attendre.
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Photo crédit: Le Devoir