04/02/2026
1905 : CONVENTION DE DISTRICTS DES INSTITUTRICES À NICOLET
La quatrième convention de districts des institutrices se tient au couvent des Sœurs de l’Assomption à Nicolet du 21 au 26 août 1905. Plus de 700 enseignantes assistent aux 11 conférences prévues au cours de ce congrès. Parmi les sujets abordés, on retrouve : l’enseignement du catéchisme et de la grammaire, l’emploi du temps, les difficultés que rencontrent les institutrices au début de l’année scolaire, le besoin de l’activité chez les enfants, comment développer le goût de l’agriculture chez les enfants de la campagne, l’enseignement des mathématiques et comment corriger les défauts de prononciation. Les discours d’inauguration, devant une salle bondée d’enseignantes, de religieuses et de nombreux dignitaires, reviennent au président d’honneur et surintendant de l’Instruction publique, Pierre Boucher de la Bruère, de même qu’à Mgr Brunault, évêque de Nicolet. Ce dernier profite d’ailleurs de la présence de l’élu provincial pour rappeler au gouvernement la nécessité de doter la ville épiscopale d’une école normale.
La première conférence du colloque porte sur l’enseignement du catéchisme par l’abbé Baril : « qui a su captiver l’auditoire. La conférence produit une telle impression qu’elle sera reproduite intégralement dans la r***e l’Instruction Publique. » Parmi les conférenciers aux pédagogie innovatrices, notons G.E. Marquis, inspecteur des écoles, qui préconise l’apprentissage de la grammaire au primaire en usant de matière concrète plutôt que le par cœur. D’autre part, Nérée Tremblay aborde le sujet de l’enseignement intuitif au primaire. Cette méthode consiste, selon lui, à privilégier les sens qu’il qualifie de portes de l’intelligence : « l’intuition sensible conduit à l’intuition intellectuelle et celle-ci à l’intuition morale. »
Samedi matin le 26 août, lors de la clôture de la convention, on qualifie ce congrès de succès total. Les jeunes institutrices peuvent retourner dans leurs campagnes munies d’un bagage pédagogique susceptible de les aider dans leur enseignement : « La tâche si ingrate de l’enseignement est rendue ainsi plus aisée et en même temps plus efficace. » Toutefois, le correspondant du Soleil, qui couvre l’événement, en profite pour blâmer les organisateurs du congrès d’éviter l’épineux sujet des conditions de travail et du salaire rudimentaire des enseignantes de l’époque : « On sait que leurs services sont loin d’être rémunérés à leur juste valeur, qu’elles sont même misérablement payées. À la honte de la plupart des commissions scolaires dont la mesquinerie est vraiment outrageante. » Il faudra toutefois attendre la fondation de l'Association catholique des institutrices rurales, en 1936, pour voir une amélioration des conditions salariales des travailleuses de l’éducation.
Texte : Serge Rousseau pour le CAR Séminaire de Nicolet
Références : Fonds Mme Renaud Chapdelaine C008/A1/2
Photos : F085/P13772, 2e congrès provincial de la Fédération catholique des institutrices rurales, 1938. F277/1101/2/135, premier congrès des instituteurs et institutrices de Nicolet, 1953.