02/22/2026
Quand le sablier se fait précieux
Depuis toujours, il est là, discret, fidèle, le sablier de notre vie.
Souvent nous passons devant lui sans le voir.
Puis un jour, nous apprenons à écouter.
Quand la maladie s’invite, le temps change de texture.
Les grains de sable ne tombent plus comme avant.
Ils deviennent visibles.
Audibles.
Précieux.
Certains glissent doucement, presque en silence.
D’autres semblent se presser, comme s’ils savaient quelque chose que nous ignorons.
Chaque grain porte une nuance.
Il y a les grains lourds, chargés d’inquiétude, de colère, de fatigue.
Ils tombent avec gravité et rappellent la fragilité du corps.
Il y a les grains lumineux, éclats de rire, regards complices, mains qui se cherchent.
Ils scintillent comme des feuilles d’or dans une lumière d’automne.
Il y a les grains salins, ceux qui roulent le long des joues.
Ils disent l’amour plus fort que les mots.
Il y a les grains suspendus, ceux qui semblent hésiter dans le goulot du sablier.
Ils ressemblent à ces instants où l’on voudrait que le monde retienne son souffle.
Il y a les grains tendres.
Un oreiller replacé.
Une couverture ajustée.
Un verre d’eau offert.
Des gestes minuscules, immenses.
Quand le sablier se fait plus clairsemé, chaque grain devient inestimable.
Le temps ne se mesure plus en années, mais en présences.
En regards.
En secondes partagées.
Nous ne pouvons pas arrêter le sable.
Mais nous pouvons tenir la main qui le regarde tomber.
Et lorsque viendra le dernier grain,
quand le souffle se fera plus léger,
il restera ceci :
l’amour n’aura pas fui avec le sable.
Il aura traversé chaque grain.
Et cela, rien ne peut l’emporter.
Michel Giroux
En collaboration avec ChatGPT
21 février 2026