01/25/2026
La méditation nous permet de regarder en face les miroirs étincelants de nos illusions sur le Soi, les autres et la vie, dans une attitude de bienveillance et de sagesse. Tout ce qui brille en moi n’est pas l’or précieux d’un Esprit décapé, libre, lucide et lumineux. Tout ce qui m’attire, tout ce qui m’agite, tous les clinquants des fêtes foraines, tout ce qui étourdit, enivre, fusionne, éblouit, laisse ébahi, peut — et doit — passer au creuset de la méditation pour pouvoir croître véritablement.
Nous sommes prisonniers de la danse charmeuse de nos illusions sur le Soi, sur les autres et sur la vie. Une danse frénétique, un gouffre sans fond en demande constante d’énergie, tel un trou brillant qui dissimule un trou noir à l’appétit vorace. Je cours après quoi ? Après quels princes charmants aux séductions illusoires, censées conjurer le mal-être de l’existence : la solitude, la mésestime de soi, l’ennui, les temps morts, la confrontation à notre mortalité ?
Je veux regarder, un à un, toute la galerie de mes miroirs déformants dans la maison des miroirs. Le palais des glaces devient alors un labyrinthe existentiel dans lequel chacun se trouve confronté à ce qui naît sous le regard attentif — et conditionnel — des parents, se renforce et se maintient dans les liens amoureux, se rejoue dans les rêves que nous faisons de nous-mêmes. Oasis à la fois vraies et fausses, ces images traduisent une soif fondamentale de développement du Soi, tout en entretenant des mirages infantiles et grandioses qui nous font tourner en rond dans le labyrinthe de nos souffrances amoureuses, professionnelles et personnelles.
Face à ces sources d’eau multiples, comment distinguer les sources réellement désaltérantes des sources faussement assoiffantes ? Les réponses sont immanentes, plus complexes que la simple opposition entre le bon et le mauvais. Le passage de l’un à l’autre demeure subtil. Les illusions deviennent alors les sourcières de nos soifs fondamentales ; elles sont des portes d’accès grandes ouvertes vers les Sources des eaux pures et profondes.
Le Sage laisse se dessécher les eaux superficielles sans bouger d’un millimètre, dans un regard attentif et patient, jusqu’à l’épuisement des eaux agitées. Alors — et seulement alors — les sources profondes se révèlent dans toute leur fraîcheur, leur limpidité, leur pouvoir longuement désaltérant.
Je suis le créateur de mes illusions, et je suis aussi le créateur de ma propre conscience lucide.
Michel Giroux psychologue 25.1.2026